10.02.22
06:22

Le président sud-coréen craint une "crise" si Pyongyang teste des missiles à longue portée

Le président sud-coréen a averti jeudi, dans une interview aux agences de presse étrangères, que la péninsule pourrait glisser à nouveau vers un "état de crise" si Pyongyang mettait à exécution ses menaces de reprendre les tirs de missiles à longue portée.

"Si la série de tirs de missiles de Corée du Nord va jusqu'à briser le moratoire sur les tests de missiles à longue portée, la péninsule coréenne pourrait retomber instantanément dans l'état de crise que nous avons connu il y a cinq ans", a expliqué Moon Jae-in, dans une interview par écrit aux agences de presse internationales dont l'AFP.

Pyongyang a mené en janvier une série inédite de sept essais d'armement, dont son tir de missile le plus puissant depuis 2017, lorsque le dirigeant Kim Jong Un provoquait le président américain d'alors Donald Trump.

Les négociations qui avaient suivi entre les deux dirigeants ont échoué en 2019, de façon "très regrettable", explique M. Moon, qui estime que les deux parties auraient dû chercher une approche plus progressive pour parvenir à un accord moins ambitieux.

"Il aurait été préférable de conclure un +grand accord+. Si cela était trop difficile, cependant, je pense qu'un +petit accord+ aurait dû être recherché pour adopter une approche progressive", explique le chef de l'Etat, qui assure que la "communication nécessaire" entre lui et Kim Jong Un ne s'est pas pour autant interrompue.

Après l'échec des négociations, Pyongyang a redoublé d'efforts dans le développement de son arsenal, allant jusqu'à menacer en janvier de mettre fin au moratoire auto-imposé sur les essais de missiles à longue portée et les essais nucléaires.

Même si le successeur de M. Trump, Joe Biden, adopte une diplomatie plus modérée envers la Corée du Nord, M. Moon s'attend à ce qu'un nouveau sommet entre le dirigeant américain et son homologue nord-coréen ait lieu "un jour".

"Il s'agit seulement d'une question de temps", dit-il.

M. Moon, qui a poussé aux pourparlers pendant ses cinq ans de présidence, doit céder sa place en mai, la constitution l'empêchant de briguer un second mandat. Son successeur sera élu le 9 mars.

 

AFP

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