07.02.22
15:49

En Argentine, de nouvelles hospitalisations après consommation de drogue

Six personnes ayant consommé de la drogue ont été hospitalisées depuis dimanche à Rosario, troisième ville d'Argentine, avec des symptômes similaires aux victimes de la cocaïne frelatée qui a fait 24 morts la semaine dernière, a-t-on appris lundi de sources sanitaires.

Le secrétariat de la Santé publique de Rosario, à 300 km au nord-ouest de Buenos Aires, a rapporté l'hospitalisation, dimanche après-midi puis dans la nuit, de cinq hommes et une femme, âgés de 22 à 41 ans, dont deux ont été placés sous assistance respiratoire. Les autres étaient dans un état stable. 

Il a été établi que les patients "avaient un historique de consommation de substances" et les cas ont été référés au ministère de la Sécurité provincial pour enquête.

L'autorité sanitaire a dit ne pouvoir être en mesure de préciser de quelle drogue il s'agissait, mais des proches des hospitalisés cités dans les médias ont fait état de cocaïne achetée peu auparavant. La sous-secrétaire à la Santé publique Silvia Marmiroli a indiqué que dans certains cas, de l'alcool et des psychotropes pourraient aussi être mis en cause.

Selon elle, plusieurs patients présentaient des symptômes de "déficience sensorielle et détresse respiratoire", de "convulsions".

Ces symptômes étaient présents chez nombre de personnes hospitalisées la semaine dernière dans la grande banlieue nord-ouest de Buenos Aires après avoir consommé de la cocaïne frelatée, dont la provenance a pu être tracée jusqu'à un point de vente dans un quasi-bidonville du quartier défavorisé de Loma Hermosa.

Vingt-quatre personnes sont mortes, 12 d'entre elles à leur domicile avant même de pouvoir être hospitalisées, et plus de 200 consultations avaient eu lieu en l'espace de 36 heures pour des symptômes de divers degrés de gravité. 

Une alerte au public avait été lancée, appelant quiconque ayant acheté de la cocaïne localement à s'en débarrasser. Plus de 20.000 doses individuelles ont été saisies par la police, sans qu'il soit établi si elles étaient toutes frelatées.

Le composant avec lequel la cocaïne avait été coupée est toujours en cours d'analyse, mais les autorités soupçonnent fortement un dérivé d'opiacé, et excluaient a priori l'hypothèse d'un acte intentionnel, plus vraisemblablement un mauvais mélange.

Monica Cuñarro, une procureure experte en narcotrafic, fondatrice il y a 12 ans de la première unité judiciaire spécialisée, a expliqué à l'AFP que le marché de la drogue, sous l'effet de la pandémie et de gangs locaux ne constituant pas la priorité judiciaire, s'est "atomisé, diversifié" ces dernières années, avec pour conséquence une expertise et un contrôle moindres en bout de chaîne de "qui fait les mélanges".

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