27.01.22
06:02

A quel point la SNCB a-t-elle collaboré avec les Nazis durant la guerre ?

Une grande étude scientifique va être lancée pour déterminer le rôle précis des chemins de fer belges dans la déportation des Juifs de Belgique durant la Guerre.

C’est la journée internationale dédiée aux victimes de la Shoah, l’occasion de regarder en arrière – voir l’horreur en face – et constater que l’antisémitisme en 2022 est encore là et bien là, il suffit d’aller faire un tour chez les supporters du Club de Bruges ou au carnaval d’Alost…Alors, pourquoi le 27 janvier, et bien parce que c’est le 27 janvier 1945 que les troupes soviétiques sont entrées dans le camp d’Auschwitz-Birkenau et l’ont libéré – Auschwitz, où on estime que 1,1 millions de personnes ont été exterminées dont plus de 900000 était de confession juive.

Mais des Belges se sont élevés contre la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Mémorial Yad Vashem reconnaît aujourd’hui à 1771 Belges le titre de "Justes parmi les Nations". Ce titre honore des personnes qui, n’étant pas de confession juive, ont aidé des Juifs, au risque de leur propre vie et sans contrepartie. Au 1er janvier 2021, 27 921 personnes de 51 pays ont reçu la distinction de "Juste parmi les nations " pour leur protection apportée à des Juifs pendant la Shoah. La Pologne, les Pays-Bas et la France sont les pays qui comptent le plus de médaillés.

Parmi ceux-ci, 464 habitaient Bruxelles pendant la guerre.

Et le Parlement bruxellois leur a rendu hommage cette semaine. "Leur courage est encore trop peu souligné", a indiqué le président du parlement Rachid Madrane en insistant sur le message de tolérance et de lutte contre toutes les discriminations qui transparaissait dans cet hommage.  Aujourd’hui, trois édifices bruxellois seront illuminés en mémoire des victimes de la Shoah. Le Berlaymont, qui abrite la Commission européenne, le Parlement européen et l’Hôtel de Ville de Bruxelles seront illuminés d’un « #WeRemember″.

L’écrasante majorité des déportés juifs sont allés dans les camps d’extermination en train.

Le journal Le Soir relaie ce matin le fait qu’une enquête scientifico-historique va être lancée en Belgique sur la responsabilité que porte la SNCB, la société belge de chemins de fer, dans la déportation. C’est une première car la SNCB va ouvrir pour la première fois ses archives aux chercheurs qui espèrent y trouver des détails sur la déportation dans les camps de l’Est des prisonniers juifs mais aussi des prisonniers politiques.

On sait déjà que durant la Seconde Guerre mondiale, vingt-huit « convois » ferroviaires ont été organisés depuis Malines à destination d’Auschwitz. Des 25.257 Juifs et 351 Tziganes jetés dans les wagons, seuls 5 % ont survécu. C’est le centre d’étude guerre et société qui va piloter les recherches, avec le soutien du Sénat et du ministre de la mobilité Georges Gilkinet.

Voici ce que dit Nico Wouters, l’expert qui va piloter ces recherches : "les éléments directs et indirects nous conduisent à la conclusion qu’il est presque certain que les transports de Juifs ont été réalisés par la SNCB sur l’ordre de la Wehrmacht Verkehrs Direktion. La question-clé demeure de savoir si l’ensemble des 28 transports de Juifs ont été réalisés avec du matériel belge. Par manque de documents tangibles, il est impossible de le déterminer pour l’instant." 

Le rôle du directeur des chemins de fer belge de l’époque, Narcisse Rulot, favorable au nazisme, est également mis en exergue.

Les résultats de cette grande étude sur le rôle de la SNCB durant la guette devraient être connus en 2023.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les responsables de la SNCB se trouvèrent devant un fameux dilemme : remettre en état le réseau pour être en mesure d’assurer le ravitaillement de la population ou ne pas le restaurer de manière à contrarier l’effort de guerre de l’envahisseur. Les nazis se sont emparés du contrôle des chemins de fer belges Et cette situation a été et abandonnant à notre Société le rôle d’exécutant. Cette situation est inadmissible pour les cheminots, et a incité beaucoup d’entre eux à rejoindre les rangs de la résistance. Rien que durant les six premiers mois de l’année 1943, on a eu 290 attaques et sabotages de voies. Ce sont aussi des cheminots qui ont permis a 200 Juifs de s’échapper du 20e convoi en avril 1943.

Il y a eu plus de 5500 dossiers lancés durant l’occupation par les autorités collaborantes contre des cheminots pour des actes d’incivisme, comprenez pour des actes de résistance petits ou grands.

Donc, si la SNCB a collaboré, une partie de son personnel a résisté.

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