25.01.22
21:10

L'UE prête à la "riposte" en cas d'agression de l'Ukraine par la Russie

"En cas d'agression" contre l'Ukraine, "la riposte sera là et le coût sera très élevé": Emmanuel Macron, aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz, a adressé un avertissement à la Russie mardi, tout en annonçant qu'il parlerait à Vladimir Poutine vendredi, avec un appel à la désescalade.

Alternant fermeté et volonté de dialogue, le président français a souligné que les Occidentaux étaient "totalement unis" et "coordonnés" sur l'Ukraine, tandis que la Russie a entamé des manoeuvres militaires aux portes de ce pays et que Washington agite la menace de santions économiques.

"Nous préparons en parallèle la réaction commune et la riposte en cas d'agression", a affirmé le président français, au lendemain d'une visioconférence entre Etats-Unis et Européens destinée à montrer l'unité occidentale, une réunion demandée par le président américain Joe Biden.

La France fait cependant une tentative de négociation directe, avec un entretien téléphonique Macron-Poutine programmé pour vendredi. Paris plaide d'ailleurs pour un dialogue direct entre UE et Russie - en vain pour l'instant -, afin d'éviter un face-à-face Russie-Etats-Unis qui relèguerait l'Europe au second plan.

L'Elysée a donc décidé de convier mercredi à Paris les conseillers diplomatiques des présidents russe, ukrainien et du chancelier allemand pour une discussion à quatre pays dans le format dit "Normandie", dans lequel le tandem franco-allemand officie comme médiateur du conflit.

"Renoncer c'est acter que la situation politique n'est plus sur la table. La réunion de nos conseillers diplomatiques demain et la perspective d'une réunion future, qui sera organisée cette fois en Allemagne, crée des attentes positives et permet d'engager les choses", a insisté le président français.

"J'en veux pour preuve les gestes des Ukrainiens sur le projet de loi critiqué par la Russie" concernant la région du Donbass dans l'est de l'Ukraine. "C'est important de continuer dans ce format Normandie, c'est le seul format politique".

"La discussion entre Etats-Unis et la Russie est-elle un bonne chose ? Oui. Cette discussion a-t-elle donné des résultats concrets ? Je n'en ai pas vu", a lancé Emmanuel Macron. "La discussion avec la Russie est toujours difficile, ayant réengagé celle-ci en 2019, j'ai pu le constater", a-t-il reconnu. 

"Mais il est important de garder ces canaux de discussion", a conclu le président français.

"C'est avec une volonté exigeante et lucide que j'aurai un échange vendredi matin avec le président Poutine. Si un déplacement était envisagé, il pourrait se faire (avec Olaf Scholz) pour une position franco-allemande assumée", a-t-il ajouté, interrogé sur l'absence de Berlin dans cette initiative. "L'échange de vendredi aura pour but de faire le point sur l'ensemble de la situation, obtenir de la visibilité et engager un dialogue exigeant".

"Une seule possibilité pour résoudre cette situation difficile, en favorisant tous les contacts, tous les formats de discussion", a abondé Olaf Scholz. "Il faut qu'on se parle, on se dispute mais il faut chercher à progresser et sortir de cette situation délicate. Je suis satisfait du leadership que l'on constate actuellement".

"Nous attendons donc de la Russie qu'elle prenne des mesures claires pour contribuer à une désescalade de la situation et nous sommes tous d'accord pour dire qu'une agression militaire aurait de graves conséquences", a-t-il cependant averti.

Questionné sur le fait de savoir pourquoi l'Allemagne refusait de livrer des armes à l'Ukraine, M. Scholz a rappelé qu'il s'agissait d'une position de principe "découlant naturellement de l'évolution de ces dernières années et décennies", un choix notamment lié à la responsabilité du pays lors de la Deuxième Guerre mondiale.

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