20.01.22
11:35

En Norvège, le parquet réclame le maintien en détention de Breivik

Le parquet norvégien a réclamé jeudi le maintien en détention du néonazi Anders Behring Breivik, faisant valoir qu'il demeurait le même individu extrêmement dangereux que celui qui avait tué 77 personnes en 2011

Disant avoir renoncé à la violence, Breivik, 42 ans, demande une libération conditionnelle, dix ans après avoir été condamné à une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée aussi longtemps qu'il est jugé dangereux pour la société.

"Le Breivik qui sollicite notre confiance aujourd'hui est le même que celui qui a ravagé le quartier des ministères et a appelé cela un fiasco", a déclaré la procureure Hulda Karlsdottir dans son réquisitoire.

"C'est le même criminel qui a attiré vers lui les jeunes sur Utøya, leur faisant croire qu'il les aiderait, et qui leur a tiré dessus", a-t-elle ajouté devant le tribunal du Telemark au dernier jour d'une procédure délocalisée, pour des raisons de sécurité, dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où Breivik purge sa peine.

Le 22 juillet 2011, l'extrémiste de droite avait d'abord fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit victimes, puis tué 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart, en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.

Cette semaine, il a affirmé avoir renoncé à la violence et vouloir poursuivre son engagement pour le néonazisme, mais par des voies pacifiques.

Faisant écho aux récriminations des familles des victimes, rescapés et experts, Mme Karlsdottir a affirmé que cette nouvelle procédure judiciaire n'était en fait qu'un "coup de relations publiques" destiné à obtenir une amélioration de ses conditions de détention et à nouer des contacts avec les personnes partageant ses opinions.

"Il se nourrit de cette publicité. Il rayonne. Je trouve cela dur à voir dans une affaire comme celle-ci", a-t-elle souligné.

Dans le manifeste qu'il avait diffusé juste avant ses attaques en 2011, Breivik professe d'utiliser les procédures judiciaires comme plateforme pour diffuser son idéologie.

Devant les trois juges de Skien, il a multiplié les coups d'éclat en effectuant des saluts nazis, brandissant des écriteaux et lançant de longues tirades idéologiques.

La peine prononcée en 2012 avait été assortie d'une période minimale de dix ans, le maximum prévu par la loi à l'époque.

La demande de Breivik, présenté par une psychiatre et les autorités carcérales comme toujours aussi dangereux qu'au moment des attaques, est a priori vouée à l'échec.

En théorie, il peut à nouveau demander sa libération conditionnelle, tous les ans, un an après un rejet de sa précédente demande.

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