10.01.22
17:47

Démission de Jean-Luc Crucke: les coulisses d'une annonce et d'une succession

Une annonce qualifiée de "sketch", Denis Ducarme "remonté comme un coucou" et deux noms qui reviennent avec insistance: les coulisses du départ de Jean-Luc Crucke et de sa succession.

Qui pour succéder au ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke? Aux côtés de son président Georges-Louis Bouchez, le ministre MR a annoncé sa démission ce lundi matin et deux noms reviennent depuis avec insistance: Philippe Goffin, ancien ministre fédéral, et une surprise hennuyère: Jean-Jacques Cloquet, ancien patron de l'aéroport de Charleroi. A ce stade, aucune confirmation officielle n'a pu être obtenue, mais on nous assure que le choix se portera sur un Liégeois ou un Hennuyer.

Plusieurs fois mentionnées, les pistes Sabine Laruelle, Diane Nikolic, Maxime Daye, Jacqueline Galant et Mathieu Bihet, ne seraient pas crédibles, selon plusieurs sources.

Mais une autre candidate est dans les cordes : Marie-Christine Marghem. Originaire de Tournai, l'actuelle présidente de la Commission Finances de la Chambre, pourrait être tenté par un nouveau défi, selon certains.

La décision sera révélée demain à 10h30, au siège du MR. On n'est pas à l'abri d'une surprise de dernière minute.

 

"Ducarme promet la guerre"

Selon nos informations, rien n'aurait été proposé au député fédéral Denis Ducarme (installé depuis peu à Charleroi) à cette heure, ce qui ne plaît pas au principal intéressé, clamant en interne qu’il est incontestable.

"Le départ de Jean-Luc Crucke ne va pas tout faciliter pour Georges-Louis Bouchez. D’autres épines arrivent. Denis Ducarme a le couteau entre les dents, il est remonté comme un coucou, il appelle tout le monde, il promet la guerre dans le parti s’il n’est pas choisi. Si GLB veut la paix, il devrait choisir Denis, mais il refuse. Ça va être la guérilla. Je ne sais pas comment ça va tourner chez nous. Quoi qu’il arrive, il y aura une chiée de mécontents. Et des problèmes en permanence à gérer, peu importe le choix posé", nous dit-on du côté de Liège.

 

"C’était un sketch, cette conférence de presse"

Quand on évoque la piste Jean-Jacques Cloquet, en interne, certains grincent des dents: "le président devrait faire attention aux faux coups de génie et aux coups médiatiques d’un jour", nous glisse un informateur au fédéral.

Une autre source confie: "attention à ne pas jouer avec le feu. Tant dans la communication en interne qu’en externe. La séquence ici est mauvaise, elle nuit au parti. C’était un sketch, cette conférence de presse. J’ai connu pas mal de présidents, mais le style de travail ici est spécial, pour le dire gentiment. Liège doit clairement avoir un rôle à jouer, car depuis longtemps nous sommes demandeurs de plus de responsabilité."

"Il y a clairement des appétits insatisfaits à Liège", nous dit-on encore…"Et retirer un Hennuyer du jeu pourrait aussi permettre au président d’éliminer un peu de concurrence sur ses terres.. Il réfléchit à quelqu’un d’extérieur, pour amener de la fraicheur. Il aimerait marquer sa présidence par un tel choix, comme il l’a fait avec son chef de cabinet."

"C’est le G3 qui décidera de toute façon au final. Le G11 n’existe pas. Bouchez va juste consulter Wilmès, Borsus et Jeholet avant de décider. C’est eux qui avaliseront ce choix", nous souffle une proche de Jean-Luc Crucke.

"Mais il va devoir concerter, sinon il se fera dézinguer", glisse un Hennuyer.

 

Un départ négocié

"L'annonce de cette démission était préparée, cela ne s’improvise pas. Jean Luc a profité des vacances pour avoir un vrai moment de réflexion. Mais il n’en voulait pas du tout de ce poste avant. Comme c’est curieux ce revirement… Ce n’est un mystère pour personne que GLB voulait l’éjecter", souligne une informatrice de premier plan. 

Une figure liégeoise confirme: "si Jean-Luc n’est plus en phase avec la ligne du parti, c’est bizarre cette annonce en commun avec le président. Il a dû négocier son passage à la Cour Constitutionnelle. Mais il n’en sort pas grandi. Cette sortie manque de panache. Je pense qu’il y a une fatigue et lassitude personnelle. Il n’avait pas envie de lutter contre les parlementaires de son propre groupe à l’infini. Mais avouez que c’est cocasse. Crucke n’est plus en phase avec la ligne du MR mais il va le représenter à la Cour Constitutionnelle…"

 

Dans l’entourage du président Bouchez, on réfute ces rumeurs de conflits et querelles intestines. Mais cette communication dès la rentrée pose question: "était-ce vraiment judicieux de faire cela? Il faut apaiser le MR et sortir de cette mauvaise séquence. Car il y aura énormément de déçus quoi qu’il arrive. On s'expose inutilement aux critiques", entend-on en interne.

 

Romuald La Morté

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