10.01.22
14:18

Au Qatar, une féministe disparue réapparaît sur un "nouveau compte" Twitter

Nouf al-Maadid, qui avait disparu des radars depuis trois mois, a publié plusieurs vidéos dimanche soir sur un "nouveau compte" Twitter, assurant qu'elle allait "bien"

En octobre, cette fervente critique du traitement réservé aux femmes au Qatar avait affirmé sur Twitter subir des menaces depuis son retour dans ce pays très conservateur du Golfe, après avoir cherché asile au Royaume-Uni.

"Je vais bien, je suis en bonne santé et en sécurité. Cette vidéo est pour rassurer ceux qui se sont mobilisés", a déclaré Nouf al-Maadid dans la première vidéo postée dimanche soir.

La vidéo a été publiée sur son "nouveau compte" Twitter, la jeune militante d'une vingtaine d'années disant avoir "perdu" le mot de passe du précédent, où elle cumule plus de 16.000 abonnés.

Sur deux autres courtes vidéos, elle insiste sur "l'authenticité" de ces images prises selon elle le 9 janvier 2022, ajoutant qu'elle se trouvait à Doha, des rideaux opaques complètement fermés derrière elle.

"Nouf est là. Nouf est vivante. Nouf n'est pas morte", a-t-elle insisté dans un grand sourire.

Après la publication de ces vidéos, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé le Qatar à respecter "sa liberté d'association et d'expression". 

"Maintenant qu'elle est en ligne, qu'elle poste des vidéos (...), j'espère que les autorités qataries feront désormais en sorte qu'elle puisse mener une vie indépendante et libre", a déclaré à l'AFP Rothna Begum, chercheuse sur les droits des femmes à HRW. 

Le mois dernier, l'ONG avait exprimé des inquiétudes concernant le sort de Nouf al-Maadid qui avait affirmé avoir été menacée par sa famille. 

L'activiste n'avait plus rien publié sur Twitter depuis le 13 octobre.

Mi-décembre, un responsable qatari avait assuré à l'AFP que Nouf al-Maadid était "en sécurité et en bonne santé", mais qu'elle ne pouvait s'exprimer publiquement "pour des raisons privées".

Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement de multiples violations dans le riche Etat gazier, en particulier le manque de liberté d'expression.

Les condamnations se sont accentuées depuis que le Qatar a été sélectionné comme pays hôte de la Coupe du monde de football 2022, tournant davantage les projecteurs sur cet émirat qui rejette les critiques.

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