03.01.22
08:52

A Hong Kong, le Conseil législatif réservé aux patriotes a prêté serment

Les nouveaux membres du Conseil législatif hongkongais réservé aux "patriotes" ont prêté lundi un serment de loyauté, au premier jour de session après leur désignation encadrée par de nouvelles règles visant à empêcher la présence de toute opposition pro-démocratie traditionnelle

Les 90 législateurs ont participé à une cérémonie chargée de symboles reflétant la nouvelle réalité politique de la ville, avec le remplacement dans l'hémicycle de l'emblème de la région par celui de la République populaire de Chine.

Les prestations de serment étaient supervisées par la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, dont le gouvernement n'a plus à répondre à une opposition dans une assemblée autrefois turbulente et désormais composée, pour les quatre prochaines années, uniquement de loyalistes.

La Chine a remodelé Hong Kong à sa propre image, autoritaire, après les énormes et parfois violentes manifestations pro-démocratie de 2019.

Une loi sur la sécurité nationale criminalise depuis 2020 tout acte considéré comme dissident et de nouvelles lois ont été adoptées pour purger les administrations et institutions d'éléments perçus comme "non patriotes".

Lors du scrutin de décembre, seuls 20 des 90 membres du Conseil législatif (LegCo) ont été élus au suffrage universel direct, les 70 autres étant nommés par des comités loyaux à Pékin.

Les autorités se sont félicitées du résultat, un corps législatif composé de patriotes et exempt de tout élément "anti-Chine".

Un seul législateur identifié comme non affilié à l'establishment a réussi à éviter les vétos et à se faire élire.

Mais Tik Chi-yuen n'appartient pas au bloc pro-démocratie traditionnel.

La plupart des figures pro-démocratie de Hong Kong sont en prison, en exil ou ont quitté la politique depuis le début de la répression de Pékin.

La cérémonie de lundi s'est déroulée sans incident, contrastant fortement avec celle de 2016 lorsque six élus pro-démocratie avaient utilisé la prestation de serment pour scander des slogans et déployer des banderoles, avant d'être destitués.

La Chine vante le nouveau système politique de Hong Kong comme un moyen de retrouver la stabilité et assure que le pluralisme est toujours toléré.

Les contempteurs, dont de nombreux pays occidentaux, reprochent à Pékin d'avoir bafoué sa promesse de maintenir les libertés et l'autonomie de Hong Kong pendant 50 ans après sa rétrocession par la Grande-Bretagne en 1997.

Starry Lee, législatrice et cheffe du principal parti pro-Pékin de la région, le DAB, a remercié la Chine pour avoir "ramené Hong Kong sur le droit chemin et rapporté la stabilité dans l'assemblée législative".

"Je suis enthousiaste parce que Hong Kong est entré dans une nouvelle ère où nous pouvons être débarrassés des disputes politiques et nous donner la main pour améliorer la gouvernance", s'est-elle félicitée auprès des journalistes.

La semaine dernière, 89 des 90 législateurs ont publié un communiqué commun pour soutenir le raid de la police chargée de la sécurité nationale dans la rédaction d'un site d'information pro-démocratie, Stand News, et l'arrestation de plusieurs de ses responsables.

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