28.12.21
14:41

Nouvelles frappes israéliennes sur l'un des principaux ports de Syrie

Des frappes aériennes israéliennes ont causé d'importants dégâts mardi dans le port syrien de Lattaquié, la deuxième attaque de ce type en décembre contre cette installation stratégique dans l'ouest du pays, a affirmé un média d'Etat syrien.

Depuis que la guerre a éclaté en Syrie en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes chez son voisin, ciblant des positions de l'armée ainsi que des forces soutenues par l'Iran et des combattants du mouvement chiite libanais Hezbollah.

"Vers 03h21, l'ennemi israélien a mené une agression aérienne avec plusieurs missiles en direction de la Méditerranée (...) ciblant le parc à conteneurs du port de Lattaquié", a indiqué l'agence de presse syrienne Sana en citant une source militaire, en référence au principal port commercial du pays contrôlé par le gouvernement syrien et situé dans le nord-ouest du pays.

Le port de Tartous, le plus grand du pays, situé à plus de 80 kilomètres plus au sud, est exploité par une société russe.

L'agence n'a pas fait état de victimes mais d'incendies et de "dégâts matériels significatifs", précisant que plusieurs bâtiments proches du port, dont une clinique et des magasins, avaient été endommagés.

Selon Sana, qui a diffusé des images montrant des pompiers tentant de maîtriser un énorme incendie, les conteneurs visés étaient remplis "d'huile et de pièces détachées pour voitures et autres véhicules".

Le gouverneur de Lattaquié, Ismail Hilal, a annoncé que les pompiers avaient éteint l'incendie et qu'ils avaient entamé le travail de refroidissement du site, a rapporté Sana.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni et qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, affirme de son côté que "des armes et des munitions" se trouvaient dans ces conteneurs, ajoutant qu'il n'était "pas clair" si elles étaient en provenance de l'Iran, grand allié de Damas.

Le bombardement a "entraîné de violentes explosions qui ont été ressenties dans la ville de Lattaquié et ses environs", a ajouté l'OSDH. 

Le 7 décembre, Israël avait lancé une première attaque contre une cargaison d'armes iraniennes dans le port de Lattaquié, sans faire de victimes, selon l'OSDH.

Ce bombardement avait mis le feu à "un certain nombre de conteneurs commerciaux", avait de son côté précisé Sana, évoquant une "riposte" des défenses anti-aériennes syriennes.

"Pas de commentaires"

"Nous ne faisons pas de commentaires sur des informations de médias étrangers", a déclaré mardi un porte-parole de l'armée israélienne, interrogé sur les dernières frappes contre le port de Lattaquié.

L'Etat hébreu commente rarement les attaques qu'il mène contre son voisin du nord, mais a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne permettrait pas à son ennemi, l'Iran, d'étendre son influence en Syrie.

L'Iran, considéré comme le principal allié régional du régime syrien, a fourni une aide politique, économique et militaire à Damas depuis le début du conflit en 2011.

Israël a récemment intensifié la fréquence de ses frappes en Syrie.

Le 3 novembre, des frappes aériennes avaient visé des dépôts d'armes et de munitions appartenant à des combattants affiliés à l'Iran dans la banlieue de Damas, selon l'OSDH.

Fin octobre, cinq combattants affiliés à l'Iran avaient été tués dans une frappe israélienne contre plusieurs positions dans la banlieue de la capitale syrienne, selon l'OSDH qui a également fait état de la mort de neuf combattants pro-iraniens lors d'une frappe israélienne le même mois, dans la banlieue est de Homs. Damas avait alors fait état de la mort d'un soldat syrien.

Depuis le début de l'année, Israël a ciblé la Syrie une trentaine de fois, faisant 130 morts, dont cinq civils et 125 combattants du régime ou membres des forces qui lui sont alliées, selon l'OSDH.

La Syrie connaît un conflit depuis 2011 qui a causé la mort d'environ 500.000 personnes et d'énormes destructions des infrastructures, entraînant le déplacement de plus de la moitié de la population d'avant-guerre.

En 2021, le conflit a fait 3.746 morts selon l'OSDH, une baisse significative par rapport à l'année précédente qui présentait déjà le bilan le plus bas depuis 2011.

 

AFP

Partager cet article