27.12.21
20:51

Au procès de Ghislaine Maxwell, les jurés peinent à trouver un verdict

Les 12 jurés du procès de l'ex-mondaine britannique Ghislaine Maxwell, jugée à New York pour trafic sexuel, ont repris lundi leurs longues délibérations pour décider de la culpabilité ou de l'innocence de l'ancienne compagne de l'influent financier américain Jeffrey Epstein mort en prison en 2019.

Mme Maxwell, qui a eu 60 ans le jour de Noël, passe les fêtes de fin d'année dans une prison de New York où elle est incarcérée depuis l'été 2020, poursuivie entre autres pour avoir fourni à M. Epstein entre les années 1994 et 2004 des jeunes filles mineures exploitées sexuellement.

Le procès au tribunal fédéral de Manhattan a commencé le 29 novembre et les débats ont pris fin il y a une semaine. Depuis lors, et après une pause pour Noël, les 12 jurés ne parviennent pas à se mettre tous d'accord sur la culpabilité ou l'innocence de cette élégante sexagénaire qui a grandi et évolué dans des milieux hyper-privilégiés entre l'Europe et les Etats-Unis.

 

Six crimes

Détentrice d'une triple nationalité britannique, française et américaine, Ghislaine Maxwell risque une longue peine de prison si elle est jugée coupable des six crimes qui lui sont imputés, tous en lien avec des violences sexuelles commises par Jeffrey Epstein sur quatre victimes, mineures à l'époque des faits, et qui ont témoigné durant le procès.

Pour leur quatrième journée de délibérations à huis clos, les jurés ont réclamé lundi matin à la juge Alison Nathan qu'elle leur fasse parvenir un tableau blanc, des surligneurs et des "Post-it" de différentes couleurs. 

Ils ont également demandé une définition juridique précise du délit "d'incitation à la débauche" ainsi que la retranscription du témoignage d'un ancien petit-ami de l'une des quatre accusatrices, connue sous le pseudonyme de "Jane".

Soupçonné de s'être entouré pendant des années de nombreuses jeunes filles, à qui il demandait des massages sexuels, dans ses résidences luxueuses en Floride, au Nouveau-Mexique ou dans les îles Vierges américaines, Jeffrey Epstein s'était suicidé dans une prison new-yorkaise à l'été 2019. Une mort qui avait fait scandale, l'influent financier emportant ses secrets et privant des dizaines de victimes d'un procès.

Un an plus tard, Ghislaine Maxwell avait été arrêtée dans le nord-est des Etats-Unis.

 

"Prédatrice sophistiquée"

Cette habituée de la jet-set internationale, fille du magnat des médias Robert Maxwell, mort en 1991, a été dépeinte par la procureure Alison Moe en "prédatrice sophistiquée" et personnage clé du système mis en place avec Jeffrey Epstein, dont elle fut la "partenaire en amour" et "le bras droit".

Concrètement, le jury doit dire si Ghislaine Maxwell a encouragé l'une des victimes, "Jane", à avoir des relations sexuelles avec le multimillionnaire de 1994 à 1997, de 14 à 17 ans. Ou si elle s'est rendue coupable de trafic sexuel à l'encontre de "Carolyn", rémunérée 300 dollars par massage sexuel et également mineure à l'époque des faits (2001-2004). "Carolyn" a désigné l'accusée comme celle qui fixait les rendez-vous et a assuré qu'elle l'avait vue nue et lui avait touché la poitrine dans la villa de Palm Beach.

De son côté, "Jane" avait raconté comment le couple l'avait abordée puis mise à l'aise, promettant d'aider cette jeune fille issue d'une famille défavorisée de Palm Beach.

La défense a au contraire plaidé l'acquittement, assurant qu'il n'y avait "aucune preuve que Ghislaine Maxwell" ait recruté une seule des quatre victimes pour la livrer à Jeffrey Epstein et fustigeant "la mémoire très mauvaise et variable" des accusatrices sur des événements vieux de plus de 25 ans.

Durant leurs délibérations, les jurés ont aussi demandé à avoir en main propre les retranscriptions de plusieurs interrogatoires, dont ceux de plusieurs victimes.

Ghislaine Maxwell a plaidé non-coupable.

"Votre honneur, le ministère public n'a pas fourni de preuve au-delà du doute raisonnable, je n'ai donc pas besoin de témoigner", avait-elle affirmé le 17 décembre pour son unique et très brève prise de parole.

 

AFP

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