25.12.21
18:30

Deux employés de Save the Children "portés disparus" après la découverte de corps calcinés

L'ONG Save the Children a annoncé samedi que deux membres de son personnel en Birmanie étaient "portés disparus" après que la découverte de plus de 30 corps calcinés dans des véhicules pris la veille dans une attaque imputée à la junte dans l'est du pays.

"Nous avons la confirmation que leur véhicule privé a été attaqué et incendié", lors d'une attaque perpétrée vendredi dans l'État de Kayah qu'un groupe de surveillance a imputée à l'armée, a déclaré l'ONG britannique de défense des droits de l'enfant dans un communiqué.

Les deux employés rentraient chez eux après une mission humanitaire dans la région, selon Save the Children, précisant avoir suspendu ses oeuvres dans plusieurs régions.

Samedi, des photos avaient été diffusées sur les médias sociaux, montrant deux camions et une voiture incendiés sur une route du canton de Hpruso, dans l'État de Kayah (est), avec des corps à l'intérieur.

"Lorsque nous sommes allés vérifier dans la zone ce matin, nous avons trouvé des cadavres brûlés dans deux camions. Nous avons trouvé 27 cadavres", a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de la rebellion opposée à la junte au pouvoir, les Forces de défense du peuple (PDF).

Un autre témoin a dit que "27 crânes" ont été identifiés, "mais il y avait d'autres cadavres dans le camion, tellement calcinés que nous n'avons pas pu les compter". 

Selon l'observatoire Myanmar Witness, "35 personnes, dont des enfants et des femmes, ont été brûlées et tuées par les militaires le 24 décembre dans le canton de Hpruso". 

Un porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a admis pour sa part que des affrontements avaient éclaté à Hpruso vendredi après que des soldats ont tenté d'arrêter sept voitures conduisant de manière "suspecte". 

Ils ont tué un certain nombre de personnes dans ces violences, a dit à l'AFP le porte-parole, sans donner de détails.

 

Chaos 

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis le putsch du 1er février qui a mis fin à une transition démocratique de dix ans. En dix mois, plus de 1.300 civils ont été tués, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures et d'exécutions extra-judiciaires.

En réaction, les milices citoyennes PDF ont vu le jour dans le pays et infligent régulièrement des revers à la puissante armée birmane.

Dix mois après le coup d'Etat militaire du 1er février contre son gouvernement, l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991, vit assignée à résidence.

En cherchant à écarter Aung Saan Suu Kyi et à étouffer son influence et son parti, l'armée a peut-être ouvert la boîte de Pandore, avec une nouvelle résistance à la junte, parfois violente qui gagne du terrain, selon des analystes interrogés par l'AFP au début du mois.

Ces analystes soulignent que des centaines de personnes se sont rendues dans des zones contrôlées par les rebelles pour s'entraîner au combat et riposter contre l'armée, à contre-courant du principe de non-violence prôné par Aung San Suu Kyi.

Et les mois de répression sanglante n'ont laissé que peu d'espace pour le type de compromis caractéristique du gouvernement de l'ex-dirigeante entre la LND et les militaires, bien que la junte affirme vouloir organiser de nouveaux scrutins.

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