20.12.21
05:47

Les racistes du football, on vous voit

Le Club Bruges se distingue encore une fois, non pas sportivement, mais à cause des insultes racistes émanant de ses supporters. Juifs ou Noirs, tout le monde en prend pour son grade au Jan Breydel Stadium. La tolérance de la Pro League vis-à-vis du champion toute catégorie du racisme du foot belge n’a que trop duré.

Question : à Bruges, est-ce que tout est permis ?

Le coach d’Anderlecht, Vincent Kompany, le staff d’entraînement mais aussi les joueurs mauves, ont vécu l’enfer puisqu’ils ont été la cible d’insultes à caractère raciste de la part des supporters du Club Bruges lors de la rencontre de dimanche après-midi.

Vincent Kompany a réagi : il se dit "dégouté"

Il a en effet donné un courte réaction dans la foulée du match : "J’ai dû entendre que j’étais un singe noir et d’autres choses, ça fait mal, nous ne sommes évidemment pas venus pour entendre cela,  nous sommes dégoutés".

Du côté de Bruges : rien vu rien entendu.

Le coach Philippe Clément dit n’avoir rien entendu de tel, mais que si des propos racistes ont été prononcés, ils les condamne évidemment, les supporters racistes n’ont pas leur place dans les tribunes de Bruges, a commenté Philippe Clément.

Le bourgmestre de Bruges, Dirk De Fauw (CD & V) a dit ceci : "J’étais présent au stade cet après-midi. J’étais assis au-dessus du banc de Vincent Kompany et de son staff. À aucun moment, je n’ai entendu de propos racistes à leur encontre. Ces propos viennent donc de quelques individus et certainement pas d’un grand nombre de supporters.

Problème: on sait que les supporters de Bruges comptent dans leurs rangs de nombreux racistes…

C’est eux qui avaient fêté leur dernier titre avec des chants antisémites, soutenus, d’ailleurs par un de leurs jeunes joueurs, le Néerlandais Noa Lang. C’est encore eux qui entonnent des chants contre les juifs et les homosexuels dès que l’équipe d’Anderlecht entre sur le terrain, c’est encore eux qui ont traité les joueurs du standards de "singes" et de "négros" au début du mois de novembre.

Il y aurait donc quelque chose de pourri au royaume du football belge? Comme c'est étonnant...
 

Pour ce qui est du racisme, en tout cas, c’est Bruges qui a la palme, même s’il ne faut pas être naïf non plus sur les autres clubs et spécialement Anderlecht où on se moque des provinciaux et des homosexuels. 

Mais la récurrence avec lesquels ces insultes à caractère raciste sont chantées à Bruges est sans pareil dans le foot belge.

La toute-puissance de son propriétaire, l’entrepreneur flamand Bart Verhaege, sa surreprésentation au plus haut niveau des instances du football belge, fait que Bruges n’est jamais condamné à quoi que ce soit. "Selon que vous soyez riche ou puissant", dit le proverbe. Et il s’applique particulièrement à Bruges qui, grâce au fait qu’il participe chaque année a la Champions League, reçoit une manne financière dont ne disposent pas les autres clubs belges. On tremble donc devant la puissance financière de Bruges.

Pourtant la Pro League, l’organe qui régit le foot professionnel en Belgique, a réagi dès hier soir et quelle réaction. Un demi-communiqué qui indique que les instances vont se pencher sur la question de ces insultes a caractère racistes. Un tweet et puis s’en va.

Il existe un organe a l’Union belge qui se penche sur les discriminations de ce genre et ça s’appelle la Chambre nationale contre la discrimination et le racisme.

Pour vous donner un ordre d’idée de l’état d’esprit à Bruges, voici ce qu’a dit le directeur juridique du Club Bruges début novembre, il était appelé à défendre son club dont les supporters ont chanté : "qui ne saute pas est un juif".

"Ce refrain est autorisé", a-t-il dit. Il n'aurait pas de connotation raciste, car il n'a pas l'intention de blesser qui que ce soit de la communauté juive.

Les supporters ne le chantent que pour se distancier du RSC Anderlecht, selon Maître Delamiellieure qui a demandé l'acquittement.

Une toléance hallucinante aux antipodes de ce qui est pratiqué en Grande-Bretagne, le plus grand championnat de football au monde, où la Premier League a remis de l’ordre dans la maison football. A la moindre insulte raciste, au moindre chant suspect, les supporters peuvent être bannis à vie de stade et écoper d’une amende. Même en Italie où le racisme dans les stades est très courant, la fédération est beaucoup plus dure que ce qui est pratiqué en Belgique.

Alors, il y a un pas qu’on n'ose pas franchir, mais les instances reflètent souvent l’air politique du temps et on sait que le Vlaams Belang, c’est environ 30% des intentions de vote actuellement.

Hier, Romelu Lukaku a apporté son soutien Vincent Kompany en mettant la Pro League le dos au mur : "qu’une icône comme VK puisse être ciblée a cause de sa couleur de peau,  allez vous faire foutre avec vos hashtags antiracistes, maintenant on veut des actes, a-t-il posté sur Instagram en s’adressant aux instances du foot belge."

Des actes et des sanctions. Comme par exemple infliger un 5-0, score de forfait, aux clubs dont les supporters entonnent des chants racistes. 

La Pro League doit bouger, et vite.

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