18.12.21
13:03

Présidentielle au Chili: l'extrême droite face à l'extrême gauche

Le Chili, où se tient dimanche le second tour de la présidentielle, était depuis la fin de la dictature Pinochet (1973-1990) un laboratoire ultralibéral caractérisé par des fortes inégalités, à l'origine d'une explosion sociale il y a deux ans. Un sujet de Philippine Wambersie.

Le second tour opposera le candidat d'extrême droite José Antonio Kast et l'ancien leader étudiant Gabriel Boric, dont la coalition de gauche inclut les communistes.

 De Pinochet à Piñera

Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet renverse Salvador Allende, premier marxiste élu président du Chili en 1970. Encerclé par les putschistes, Allende se suicide dans le palais présidentiel.

Pinochet dirige le pays d'une main de fer pendant 17 ans. Désavoué par un référendum en 1988, il cède le pouvoir en 1990 au démocrate-chrétien Patricio Aylwin, démocratiquement élu, mais commande les forces militaires jusqu'en 1998. 

Il meurt en 2006, sans avoir été jugé pour les crimes de son régime, qui a fait plus de 3.200 morts et 38.000 torturés. 

Parmi eux figure la socialiste Michelle Bachelet, devenue la première femme présidente du pays (2006-2010). Après un second mandat (2014-2018), elle a pris la tête du Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

Le milliardaire conservateur Sebastian Piñera, déjà président de 2010 à 2014, lui succède en 2018. Il ne pouvait pas se représenter pour un 3e mandat. 

Laboratoire ultralibéral

Augusto Pinochet a appliqué les recettes ultralibérales, privatisant la santé, l'éducation et les retraites. 

Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, s'est tourné vers les exportations, devenant dans les années 1980 le pays d'Amérique latine attirant le plus d'investissements étrangers.

Le modèle, dont les grands principes demeurent, a fait des envieux. 

Mais, revers de la médaille du "miracle chilien", il existe de très fortes inégalités entre les 19 millions d'habitants, ce qui a déclenché une vague de contestation sociale sans précédent en 2019.

Ce mouvement, qui a fait 34 morts, a abouti à l'organisation d'un référendum sur un changement de Constitution et l'élection d'une Assemblée constituante. 

Elle est chargée de rédiger une nouvelle Loi fondamentale, qui sera soumise à référendum en 2022.

Le système chilien de retraites par capitalisation est très critiqué. La santé et l'éducation ont des coûts élevés.

Terre de séismes 

Ce pays de 756.950 km2 s'étire sur 4.300 km du désert d'Atacama, au nord, à l'Antarctique, au sud, sur une étroite bande de terre (350 km de largeur maximale), entre l'océan Pacifique et la Cordillère des Andes.

Pays le plus sismique au monde, il subit aussi des tsunamis. En 1960, il a été frappé à Valdivia (sud) par un tremblement de terre de magnitude 9,5, le plus puissant jamais enregistré, qui a tué 5.700 personnes.

Le 27 février 2010, un fort séisme (8,8) suivi d'un tsunami a fait plus de 520 morts. 

Astronomie et poésie

Bénéficiant d'un ciel dégagé une grande partie de l'année, le nord du Chili abrite les plus importants télescopes au monde. La construction du plus grand télescope mondial (ELT) a démarré en mai 2017 dans le désert d'Atacama, sous l'égide de l'Observatoire européen austral (ESO). 

La Chilienne Gabriela Mistral a été la première poétesse nobélisée en 1945. Le poète Pablo Neruda a lui reçu cette récompense en 1971. 

Parmi les autres écrivains chiliens mondialement connus, figurent Isabel Allende et Luis Sepulveda, décédé du Covid-19 en avril 2020 à l'âge de 70 ans.

 

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