09.12.21
16:58

"Il est temps que le Premier ministre mouille sa chemise"

"On a un gouvernement qui, actuellement, est en train de patauger dans la semoule", a déclaré ce jeudi le député fédéral Maxime Prévot (cdH) au micro de Romuald La Morté, réagissant à la grogne des policiers. "Alors si ce n'était que sur ce dossier, ma foi.... Mais on le voit bien: aucune clarté en termes de gestion policière, aucune clarté en termes de gestion nucléaire, aucune clarté en termes de gestion sanitaire. Il y a un vrai problème. On sait qu'il y a un besoin de sécurité accrue et de renfort de personnel sur le terrain, surtout après les années Jambon qui ont étouffé progressivement le nombre d'aspirants policiers qui sortaient des écoles. On en voit lé déficit sur le terrain. Quand on cherche à recruter dans une zone de police, maintenant, on n'a plus l'embarras du choix. On a des postes qui ne trouvent pas de postulants, ça devient un vrai problème. Je comprends cet enjeu de la revalorisation, d'autant que le salaire de base n'a pas évolué depuis la réforme des polices, il y a quand même plus de 20 ans. Et par ailleurs, il y a de l'incertitude aussi sur les fins de carrière."


"Je crains qu'aujourd'hui, le Premier ministre ne doive un peu mouiller sa chemise dans ce dossier, comme dans beaucoup d'autres. Chacun est attentif à son image, le Premier ministre certainement plus que d'autres. Mais à un moment donné, on attend de lui qu'il mette la main dans le cambouis et pas qu'il reste comme spectateur, à attendre le pourrissement de certains dossiers pour uniquement arriver en bout de course. Manifestement, la ministre Verlinden n'arrive pas à obtenir les moyens budgétaires dont elle aurait besoin. On a une situation de crise qui s'enlise et aujourd'hui, la lasagne des difficultés est déjà suffisamment dense que pour essayer de ne pas en rajouter une nouvelle supplémentaire."

 

Nucléaire: "On ne doit pas diaboliser le nucléaire"

"Je ne suis pas étonné de la démarche d'Engie pour deux raisons', affirme Maxime Prévot. "D'abord, il y a plus d'un an, ils ont fait le tour de tous les présidents de parti à l'époque, avant même qu'un gouvernement ne soit mis sur pied pour dire écoutez, on va avoir à un moment donné une date butoir au delà de laquelle, s'il n'y a pas de clarté sur la perspective pluriannuelle, on devra prendre des décisions qui seront irrémédiables. Et le deuxième élément pour lequel je suis pas surpris, c'est que même s'il existait une marge de manœuvre pour pouvoir prolonger un ou deux réacteurs, le temps de pouvoir compenser l'ensemble, on ne va pas se découvrir tout de suite pour faire monter les enchères."

"Ce qui est vrai, c'est que c'est le gouvernement qui est censé décider. Ce qu'il n'a pas encore clairement fait jusqu'à présent. On tourne autour du pot. Chacun en remet une couche sur son appréciation de la situation avec des idéologies de part et d'autre. Ça ne nous parait pas, au niveau du cdH, crédible de considérer que demain, on va pouvoir produire l'ensemble de nos besoins électriques uniquement sur base renouvelable. On a insuffisamment préparé l'alternative au nucléaire. Le nucléaire ne doit pas être regardé avec le regard d'un lapin devant les phares d'une auto avec un émerveillement inconsidéré, mais on ne doit pas non plus le diaboliser. C'est un allié potentiel pour la lutte contre le changement climatique."

 

Codeco: "Je n'attends rien"

A propos du Comité de concertation annoncé pour le 22 décembre, "je n'en attends rien comme hélas, beaucoup de citoyens qui sont lassés de ce yo-yo permanent", tranche le président du cdH, "avec des dates annoncées, puis finalement, on les anticipe. Maintenant, c'est annoncé le 22 alors qu'on avait parlé du 15 décembre et pour finalement annoncer quoi? Quelques heures avant le dernier Codeco, on annonçait un tour de vis majeur parce que l'état sanitaire se déplorait à une vitesse rapide. Et puis, finalement, ça a accouché d'une relative souris. Je pense qu'il y a aujourd'hui une perte majeure de crédibilité dans le chef des gestionnaires des différents gouvernements, ce qui fait que les citoyens sur le terrain ne s'y retrouvent plus, n'adhèrent plus."


"Je pense qu'il faut retrouver de la sérénité et de la hauteur de vue plutôt que d'être dans une surenchère permanente générée par les gouvernements eux mêmes, chacun y allant en fonction des postes qu'il occupe, de sa surenchère ministérielle. Et c'est déplorable."

 

"Et je reviens donc avec ce débat. Pourquoi n'a t on pas ouvrir au Parlement un débat sur l'obligation vaccinale pour les adultes qui ne présentent pas de contre-indication? Ca éviterait de pourrir la vie des gens, qu'ils soient vaccinés ou pas, par une série de contrariétés et de mesures. On le répète de semaine en semaine, il n'y a rien qui se passe sur ce dossier comme d'autres. C'est regrettable. On voit maintenant aussi en Europe d'autres initiatives qui sont prises, et pas par n'importe quel pays, destinées à dire que ce débat maintenant, doit être mis sur la table pour rouvrir des perspectives de calme social et de prospérité économique."

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