08.12.21
06:35

La Chine appelle le Canada à ignorer les risques "inventés" par les Etats-Unis au sujet de la 5G

Un haut diplomate chinois a appelé le Canada à ignorer les risques "inventés" sur la sécurité nationale par les Etats-Unis concernant le géant des télécoms Huawei et son éventuelle exclusion du déploiement du réseau mobile 5G au Canada.

L'idée selon laquelle l'entreprise serait une menace à la sécurité nationale "est inventée par les Etats-Unis" et "le but principal est de punir Huawei", a estimé Cong Peiwu, ambassadeur chinois à Ottawa.

"Ce sont les Etats-Unis qui ont fait ce genre de choses (l'espionnage, ndlr) au cours des dernières décennies", a-t-il abondé, lors d'une conférence virtuelle du Centre pour la gouvernance internationale, un groupe de réflexion indépendant.

"Nous espérons donc que le Canada se fera son propre point de vue", a-t-il dit, mettant en garde Ottawa contre l'envoi d'un "mauvais signal aux entreprises chinoises".

Le gouvernement canadien pourrait se prononcer prochainement sur ce dossier à l'étude depuis plusieurs années, selon les médias locaux.

M. Peiwu a également abordé un autre "enjeu sensible", Taïwan, rappelant que Pékin, qui s'oppose à ce que Taipei ait des échanges officiels avec d'autres pays, s'attendait à ce qu'Ottawa continue de respecter le principe d'une seule Chine.

Les Etats-Unis ont exclu Huawei du déploiement de la technologie 5G sur leur sol, invoquant des risques d'espionnage ou de sabotage des réseaux occidentaux, ce que dément le géant chinois des télécoms. 

D'autres alliés du Canada ont déjà emboîté le pas aux Etats-Unis, notamment le Royaume-Uni, le Japon, l'Australie et la Suède.

Sans attendre la décision d'Ottawa, plusieurs grands groupes canadiens comme Bell, Rogers ou Telus, ont annoncé qu'ils se tournaient vers d'autres groupes que Huawei, notamment le finlandais Nokia ou le suédois Ericsson, pour le déploiement de leur réseau 5G. 

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre Ottawa et Pékin ont été tourmentées ces dernières années, parvenant récemment à une accalmie avec la résolution d'une grave crise diplomatique: Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, a pu regagner la Chine fin septembre après avoir été en liberté surveillée près de trois ans au Canada, sur demande des Etats-Unis. 

Le même jour, les deux Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, détenus en Chine depuis fin 2018, ont eux aussi été libérés.

Leur détention a été perçue par le Canada comme une mesure de représailles après l'arrestation de la directrice financière de Huawei.

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