07.12.21
15:55

"Si on abaisse la TVA pour l'Horeca, pourquoi ne pas le faire pour le reste ?"

Lors de la manifestation de ce lundi 6 décembre, le président de la FGTB a regretté que le gouvernement n'abaisse la TVA que pour le secteur de l'Horeca.

Le taux réduit de TVA à 6% avait été mis en place par le fédéral, pour la vente sur place de boissons et les services de restaurant et catering. Cette mesure provisoire entrait dans le cadre des aides corona, pour aider financièrement l'Horeca au moment de sa réouverture. 

Le gouvernement ne l'a pas prolongée, elle s'est donc s'arrêtée le 30 septembre 2021. Les hôteliers et les restaurateurs doivent, depuis cette date, à nouveau payer une TVA de 21% sur les boissons alcoolisées et non alcoolisées. Une décision qui a dérangé les principaux concernés.


Réduire la TVA sur le mazout ?

De son côté, la FGTB tient à rappeler aujourd'hui qu'un abaissement de la TVA de 21 à 6% permettrait d'économiser 100 euros pour 1.000 litres de mazout.

"Ce sont souvent les ménages les plus précarisés qui disposent des logements les moins bien isolés",

ajoute Thierry Bodson, président de la FGTB.

"C'est donc socialement injuste d'avoir un prix du mazout fort élevé et c'est aussi assez bizarre.",

poursuit le syndicaliste.

"On nous dit souvent que ce n'est pas très social de diminuer la TVA pour tout le monde, quelque soit le niveau de revenus"

constate-t-il en précisant que si la TVA a été diminuée pour l'Horeca, elle pourrait l'être pour d'autres secteurs.

"C'est une mesure pour les gens qui ont de l'argent",

conclut M. Bodson, en marge de la manifestation nationale menée en front syndical ce lundi.

"Le logement, le chauffage, la nourriture, le carburant... Les prix explosent pour tout et rendent la vie de plus en plus chère. Le problème est que les revenus n’augmentent pas à la même vitesse, les augmentations de salaires étant fortement limitées par la loi sur la norme salariale. Même dans les entreprises qui engrangent de gros bénéfices, la loi nous empêche de négocier plus. Quand il n’est plus possible de rester à la table des négociations, nous devons pouvoir descendre dans la rue, mener des actions collectives, et faire grève...Sans risquer d'être poursuivis en justice! Cette évidence démocratique est malheureusement menacée,"

annonçaient la FGTB et la CSC hier.


Pas de réduction pour l'électricité

Le gouvernement fédéral n'entend pas réduire la TVA, actuellement de 21%, sur l'électricité, avait annoncé en septembre le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V). Il proposait par ailleurs de réaliser un effort annuel de 0,3% en moyenne jusqu'à la fin de la législature.

Face aux factures et au prix de l'électricité (et du gaz) qui grimpent, le gouvernement fédéral a la possibilité d'intervenir sur la TVA et les prélèvements fédéraux. Le ministre veut remplacer ces derniers par des accises.

"Parce que nous pouvons orienter les accises, avec des cliquets par exemple, en fonction des politiques que nous voulons mener. Par contre, nous n'allons pas réduire la TVA. C'est une mesure très générale et qui n'apporte qu'un sursis temporaire. Et ça coûte cher, de l'ordre de 770 millions d'euros par an. Autant mettre cet argent dans une diminution des charges sur le travail."

Ceci étant, Vincent Van Peteghem assurait que le gouvernement était décidé à faire quelque chose pour alléger la facture d'énergie des ménages, "surtout si on considère que l'électricité est actuellement l'énergie la plus durable et la moins polluante comparée aux énergies fossiles. Or ce n'est pas la moins chère, ça ne va pas."

 

LN24

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