07.12.21
08:29

"Est-ce que le gouvernement a besoin qu'on arrête les soins et qu'on crée des morts ?"

Ce mardi, le secteur des soins de santé manifeste aujourd'hui à  Bruxelles pour s’opposer à la vaccination obligatoire et réclamer des moyens. Gaetan Mestag, vice-président du syndicat infirmier "Union4U" et Stephen O'Brien, membre du collectif "Santé en lutte" étaient présents pour évoquer cette situation.

Gaetan Mestag, vice-président du syndicat infirmier "Union4U" invité de La Matinale annonce la couleur rapidement "Le secteur est à bout, l'INAMI le dit dans un rapport paru dans le journal du médecin, on estime à une 1,2 année le retard concernant les soins urgents et à 4 années pour récupérer les soins non-urgents".

"Les investissements doivent avoir lieu au bon endroit, on en a assez d'entendre parler d'un fond blouse blanche" explique Gaetan Mestag. Ce même fond qui avait pour but de revaloriser les personnes sur le terrain et a permis de créer 4500 postes. "On a crée, mais pas recruté, il manque toujours des infirmières dans tous les services. La charge de travail est trop importante. Il est logique qu'elles partent car les conditions sont détestables". 

Malgré les conditions dénoncées, le personnel soignant ne se sent pas toujours écouté. "1 an et demi de combats pour deux heures de rendez-vous avec un chef de cabinet"

Malgré les difficultés rencontrées au quotidien, Stephen O'Brien, membre du collectif "Santé en lutte" rappelle que la population compte sur l'éthique des professionnels de santé.  

"C'est quelque chose qui joue beaucoup" explique-t-il. 

Sujet central de cette manifestation, la vaccination obligatoire du personnel soignant. La encore, ce sujet divise. "Ce choix est très clivant. Il y a beaucoup de conflits dans les équipes à cause de cela. Plutôt que l'obligation vaccinale, je suis favorable à la levée des brevets" souligne Stephen O'Brien. 

"On est pas contre, mais pour la vaccination réfléchie et concertée. Obliger quelqu'un ne sert à rien" précise Gaetan Mestag. 

Face à la méfiance des patients, les médecins aimeraient plus de temps pour la pédagogie. "Dans mon travail de tous les jours, le gouvernement ne me donne pas assez de temps pour pouvoir parler de la vaccination" explique Stephen O'Brien.

Interrogé sur la vaccination, Jean Michel Hougardy, directeur général médical de l'hôpital Erasme se veut optimiste. "Je rêve d'un hôpital où tout le monde qui y travaille soit réellement vacciné sans distinction de professions"

Quelles sont les solutions pour sortir de cette situation ? "Il faut un milliard et demi, revaloriser les études. Aujourd'hui nous sommes prêts à aller à une grève au finish. Est-ce que le gouvernement a besoin qu'on arrête les soins et qu'on crée des morts ?" rajoute Gaetan Mestag. 

Pour Jean Michel Hougardy, il est important de revoir l'entièreté des activités de soins pour pouvoir répartir la tension et la prise en charge de l'ensemble des patients sur cette chaine. 

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