25.11.21
09:32

"On va bloquer Bruxelles tous les jours", préviennent les chauffeurs Uber

Suite à la décision de la cour d'appel de Bruxelles, les chauffeurs UberX préviennent: "On va bloquer Bruxelles tous les jours". Hier mercredi, un arrêt de la cour a contrait les 2.000 chauffeurs Uber titulaires d'une licence LVC (Location de Voiture avec Chauffeur) à cesser leurs activités dès 18H00 ce vendredi. 

Hier soir, plusieurs centaines de chauffeurs ont déjà bloqué plusieurs heures la petite ceinture ainsi que les voies rapide en provenance de l'aéroport. Une autre action a eu lieu ce matin. Et ils ne s'arreteront pas là, avertit Fernando Redondo, le président de l'Association Belge des Chauffeurs de Limousine (ABCL), relayé par l'agence Belga. "On va bloquer Bruxelles tous les jours en faisant l'escargot jusqu'à obtenir une réponse du Cabinet de Rudi Vervoort (ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale). Cela fait 7 ans qu'on attend ce plan Taxi et depuis 7 ans c'est gelé avec le Cabinet de Rudi Vervoort. A la suite de la décision en première instance, on a eu des amendes de 160 euros. Des chauffeurs Uber avaient manifesté dans Bruxelles et on nous avait promis un plan Taxi pour l'été. On est fin novembre et on n'a toujours rien. On restera dans la rue jusqu'à ce qu'on soit sûrs de pouvoir retravailler".

 

Lire aussi: Dès vendredi 18h01, Uber n’aura plus droit de cité à Bruxelles

 

Les chauffeurs veulent que leur activité soit mieux encadrée. Ils exigent notamment que la loi de 1995 soit modernisée et adaptée à l'évolution des technologies et l'utilisation des smartphones. De plus, ces professionnels revendiquent les mêmes droits que ceux des chauffeurs de taxi.

 

Saga judiciaire

Depuis son arrivée à Bruxelles en 2014, l’application Uber est dans une saga judiciaire face aux chauffeurs de taxi. Pour échapper à la réglementation des taxis, Uber a échafaudé un montage administratif qui lui permet d’exercer en toute légalité sur le territoire bruxellois. Au centre de ce dispositif : la Belgian Platform Rider Association. Regardez notre décryptage ci-dessous.

 

La justice bruxelloise avait émis en 2015 une injonction de cessation d'activités pour UberPop qui autorisait les particuliers à proposer des services de transports de personnes. Aujourd'hui, la cour d'appel de Bruxelles a tranché et a étendu cette interdiction aux chauffeurs professionnels. "Ce jour, mercredi 24 novembre, la cour d'appel de Bruxelles a rendu un arrêt impliquant que l'injonction de cesser d'opérer, émise en 2015 à l'encontre d'UberPop (qui permettait à des particuliers de fournir des services de transport de passagers), s'applique également aux services de mobilité fournis par des conducteurs professionnels LVC", a déclaré l'entreprise Uber, via un communiqué. 

"Cette décision a été prise sur base d'une réglementation obsolète, rédigée à une époque antérieure aux smartphones". La cour s'est en effet appuyée sur une décision rendue en janvier 2021 dans une affaire opposant la Fédération belge des Taxis (Febet) à Uber. Suite à quoi, le gouvernement bruxellois avait interdit , sur base d'une loi de 1995 qui interdit aux chauffeurs LVC de conclure des courses via radiocommunication, l'utilisation des smartphones pour conclure des courses. La même loi stipule que des contrats écrits doivent être conclus avec chaque client et présents à bord du véhicule. 

"Nous ne visons pas spécifiquement Uber, mais nous faisons en sorte que l'ordonnance et les arrêtés sur les LVC (location de voitures avec chauffeur) soient respectés. Or celle-ci stipule que les contrats de réservation doivent être au moins de trois heures et que les commandes de courses via le système de géolocalisation d'un téléphone portable sont interdites", avait expliqué le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort.

 

A partir de ce vendredi à 18h, les 2.000 conducteurs LVC (location de voiture avec chauffeur) utilisant Uber à Bruxelles perdront cette source de revenus.  Sur le sujet Laurent Slits, directeur d'Uber en Belgique, demande au gouvernement d'agir rapidement pour réformer le secteur taxis et LVC, pointant du doigt la catastrophe économique qui se profile pour les chauffeurs utilisant l'application. 

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