25.11.21
14:18

Un Comité de concertation aura lieu demain

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke veut des "mesures supplémentaires partout, fermes et immédiates"

Après l'appel des gouverneurs hier, appuyé par différents experts et des députés, pour des mesures supplémentaires et harmonisées face à la situation sanitaire inquiétante, le Premier ministre Alexander de Croo a confirmé ce jeudi après-midi à la Chambre qu'un nouveau Comité de concertation aurait lieu demain matin à 8h00, en visioconférence. "Mais les mesures ne servent à rien si elles ne sont pas respectées,"a-t-il précisé.

Un "codeco" en urgence qui était dans l'air ces dernières heures, pour tenter de répondre à des indicateurs qui ont mauvaise allure: 23.621 cas positifs ont été recensés en Belgique lundi. Même si l'on teste plus, il s'agit d'un record depuis le début de la pandémie. Le nombre moyen d’admissions à l’hôpital est quant à lui désormais supérieur au plus fort de la troisième vague et la pression est forte sur le système hospitalier.

Le Premier ministre a eu ces dernières heures de nombreux contacts politiques. Il a également longuement discuté avec le commissaire Corona pour analyser en détail la situation épidémiologique, en particulier de la situation dans les unités de soins intensifs et au niveau des soins de première ligne. Alexander de Croo a également eu un contact avec ses collègues néerlandais et luxembourgeois Mark Rutte et Xavier Bettel pour discuter de la situation sanitaire.

 

Le fédéral et les entités fédérées se réuniront donc ce vendredi matin à 8h00. Un kern fédéral covid se réunira ce soir à 20h au préalable. Quelles mesures? Elles seront discutées ce soir et demain. Le Premier ministre annonce vouloir travailler sur trois axes :

  • l'accélération des vaccinations/boosters
  • les mesures visant à soulager les soins
  • un paquet de mesures non médicales

 

"Les mesures ne servent à rien si elles ne sont pas respectées"

"Limitez vos contacts, utilisez les masques, ventilez, testez-vous si vous avez des symptômes. Voilà les règles que nous avons fixées avec tous les gouvernements lors du Comité de concertation précédent. Mais les mesures ne servent à rien si elles ne sont pas respectées. L'obligation de télétravail n'a pas d'effet si une grande partie des gens ne respectent pas cette demande," a affirmé Alexander De Croo à la Chambre avant de répondre aux questions.

 

"Merci à celles et ceux qui le font déjà et qui l'ont fait ces derniers mois. C'est un des éléments que nous avons appris dans le cadre de cette crise. Notre comportement personnel a une influence. Plus encore, si nous adoptons tous ensemble notre comportement, nous pourrons inverser les courbes. On l'a déjà prouvé ces deux dernières années, le port du masque et la distance physique, ce sont les armes les plus puissantes que nous avons et nous allons devoir les utiliser pendant un certain temps. Je pense que c'est clair que l'automne prochain et l'hiver prochain, malheureusement, on va de nouveau devoir garder une certaine prudence."

 

"Si nous prenons des mesures, tout le monde devra faire des efforts"


"Ce qui est important aujourd'hui, c'est de rendre clair notre boussole, le cap que nous suivons. Sur quelles bases prenons-nous nos décisions?  Pendant la vague précédente, nous avons surtout pris en compte les contaminations. Aujourd'hui, il est clair que cette boussole va être le taux d'occupation des soins intensifs. La raison pour laquelle on regarde moins les contaminations aujourd'hui, c'est parce que nous avons le vaccin. Le vaccin a coupé ce lien direct entre les contaminations et les admissions en hôpital. 90% des personnes adultes sont vaccinées. Grâce à cela, nous sommes parvenus à couper ce lien direct. Aujourd'hui, la situation aux soins intenisfs nécessite d'entrer en action."


"Demain, nous aurons donc notre comité de concertation et nous allons devoir travailler sur trois dimensions. Premièrement, la vaccination et le booster, qui doit être accéléré. Cela reste notre meilleure protection. De deux. Il faut voir comment épauler, aider les soins de santé. La première ligne est sous une pression énorme. Les hôpitaux sont sous pression. Donc, avec le ministre de la Santé publique, nous allons voir quelles mesures nous pouvons prendre pour alléger cette pression et pour faire en sorte que le fardeau administratif soit diminué. Tertio, un paquet de mesures, qui seront différentes par rapport aux précédentes. Parce que, contrairement aux précédentes, on constate qu'aujourd'hui, beaucoup de personnes sont vaccinées. Donc, il faudra envisager des mesures de soutien.

 

"Que ce soit bien clair, nous n'allons abandonner personne. Mais si nous prenons des mesures, tout le monde devra faire des efforts pour les respecter. Nous voyons que les pays qui sont le plus vaccinés souffrent moins que des pays qui sont moins vaccinés. C'est la meilleure preuve de l'efficacité des vaccins. L'année dernière, le Covid-19 a malheureusement tué 20.000 personnes dans notre pays. Cette année, c'est trois fois moins. Alors que le virus est trois fois plus puissant que l'année passée, ça montre bien que la vaccination nous aide beaucoup, mais que des précautions additionnelles sont nécessaires. C'est ce qu'on a fait la semaine passée. C'est ce dont on va discuter demain matin."

 

"Des mesures fermes immédiates"


"Nous sommes en effet de nouveau confrontés à une situation très difficile qui ne permet plus aucun report," a ensuite dit le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. "Voilà pourquoi, demain, au Comité de concertation, je vais plaider pour des mesures fermes qui doivent entrer en vigueur immédiatement. Il n'y a pas de temps à perdre, à attendre. C'est un message qui peut être décevant, mais je dois le donner. Nous allons miser sur la vaccination."

"Les vaccins fonctionnent très bien contre une admission en hôpital. Les vaccins protègent toujours très, très bien contre les formes graves de Covid-19. Mais avec une troisième dose, on peut encore améliorer la protection contre la maladie et la contamination. 1.250.000 personnes ont déjà reçu cette troisième dose. Mais elles doivent être suivies par d'autres catégories de personnes. Samedi, nous allons organiser cela avec les ministres de la Santé. Je suis heureux de constater qu'il y a aussi un feu vert pour la vaccination des enfants. Il faut intégrer cela dans la planification."

"Il faut en effet assurer la continuité du testing. Cela doit se faire d'une façon qui permette aux médecins généralistes de continuer à fonctionner et  à voir d'autres patients. Nous allons en discuter demain et il faut mettre en œuvre toutes les techniques, toutes les technologies dont nous disposons pour assurer les tests. Mais en même temps, il faut permettre aux médecins généralistes de faire leur travail."

 

"Des mesures supplémentaires partout"

"Il faut limiter la circulation du virus. Il y a beaucoup trop de contaminations. Les vaccins sont un moyen de protection, un parapluie excellent. Mais lorsqu'il y a un ouragan, on risque de se mouiller, même avec un bon parapluie. Les mesures devront alors être suffisamment fermes et suffisamment larges dans tous les secteurs. Dans l'enseignement, il faudra prendre des mesures supplémentaires, ainsi que dans le temps libre, dans le secteur du travail, partout. Partout, des mesures supplémentaires s'imposent et les activités les plus risquées devront être limitées et même interrompues."

 

"Ce qu'on ne doit pas faire, c'est se lancer des reproches ou dire voilà, c'est la faute à ce secteur là ou à ce groupe là. Est-ce qu'on n'a toujours pas compris que nous sommes tous dans la même situation? Il faudra le faire ensemble en témoignant d'une solidarité."

 

Lire aussi: Y a-t-il un politique pour nous sauver du Covid?

 

https://twitter.com/RomualdLM/status/1463866236605972487

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