23.11.21
09:37

Appel au calme et au dialogue en Guadeloupe

Le rétablissement de l'ordre public en Guadeloupe, en proie à une contestation sociale liée à l'obligation vaccinale contre le Covid, est le "préalable à toute discussion", a averti mardi le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin. "La situation est toujours très difficile (...) Ce qui est certain c'est que le rétablissement de l'ordre public est le préalable à toute discussion évidemment", a déclaré M. Darmanin sur France Inter, assurant que des gendarmes avaient été la cible de tirs à balles réelles.  Il y a eu "plus de 90 interpellations", "plus de 60 gardes à vue" et des comparutions immédiates qui ont eu lieu "dès hier": "la réponse de l'Etat est ferme", a-t-il ajouté.

Selon le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu, il s'agit de "personnes qui sont malheureusement déjà défavorablement connues des services de police ou de la justice qui se servent de cette crise pour s'exprimer dans la violence", a-t-il dit mardi sur France 2. "Si on acceptait la revendication d'une minorité violente et agissante qui consiste à dire pas de vaccination en Guadeloupe, on accepterait de facto que la population guadeloupéenne est moins bien protégée contre une maladie que le reste de la population", a expliqué M. Darmanin.

Dans cette île où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (Insee), les violences ont débuté après plusieurs jours de mobilisation syndicale pour contester l'obligation vaccinale des soignants et des pompiers. "L'arrivée des forces de l'ordre a calmé une partie des difficultés me semble-t-il mais il y a encore des difficultés", a insisté Gérald Darmanin.

Lundi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale, pour tenter de calmer l'embrasement.

Ce mardi, le gouvernement s'est engagé à fournir des vaccins contre le Covid-19 sans ARN messager aux soignants en Guadeloupe qui le désirent, répondant à l'une des demandes portées par ceux contestant l'obligation vaccinale, a indiqué mardi le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu 

La contestation contre l'obligation vaccinale des soignants et des pompiers entamée le 15 novembre a tourné à la crise sociale émaillée de violences en Guadeloupe, où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté selon l'Insee. 

Avec les soignants, "on est aussi sur un dialogue social entre l'employeur, le ministère de la Santé et des solidarités, et ses employés pour trouver les solutions", ainsi "on s'est engagé hier soir à trouver d'autres types de vaccins" pour ceux qui refusent les vaccins à ARN messager, a indiqué M. Lecornu sur France 2.

Les vaccins disponibles jusqu'ici en Guadeloupe étaient "essentiellement des vaccins" Pfizer/BioNtech, a précisé le ministère des Outre-mers.

"Pour ceux qui refusent de se faire vacciner et préfèrent abandonner leur qualité de soignants et demandent d'ores et déjà une reconversion professionnelle, on va les accompagner et là on va avoir besoin du conseil régional, donc Ary Chalus (président du conseil régional de Guadeloupe, NDLR) va être mobilisé sur ces sujets", a ajouté M. Lecornu.

Lundi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale, dans une tentative pour calmer l'embrasement.

Pour le ministre des Outre-mers, "il y aurait quelque chose de scandaleux à ne pas appliquer la loi de la République sur l'obligation vaccinale des soignants et des pompiers en Guadeloupe".

Selon lui, 87% des soignants et 43% des pompiers sont vaccinés.

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