22.11.21
17:00

L'élimination des véhicules diesel est essentielle pour améliorer la qualité d'air à Bruxelles, selon les autorités

Aujourd'hui, une campagne de mesure de télédétection (« remote sensing ») sans précédent, menée sur plus de 130.000 véhicules à Bruxelles, a confirmé l'urgence de supprimer progressivement les véhicules les plus polluants des rues de la capitale.

En mesurant les émissions réelles des véhicules en circulation, cette étude a démontré que les véhicules concernés par les prochaines étapes de la zone de basses émissions (LEZ) bruxelloise émettent des quantités disproportionnées de polluants et que leur élimination progressive aura un impact positif considérable sur la pollution de l’air.

En Belgique, la pollution atmosphérique est un problème de santé publique majeur : selon l'Agence européenne pour l'environnement, elle est à l'origine d’environ 9000 décès prématurés chaque année dans le pays, dont environ 1000 à Bruxelles. Dans le cadre de ses efforts pour lutter contre la pollution atmosphérique et afin d'atteindre ses objectifs climatiques, la Région de Bruxelles-Capitale a mis en place une zone de basses émissions en 2018. Cette mesure permettra d'éliminer progressivement les véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l'air à Bruxelles. La sortie des moteurs thermiques pour les voitures est prévue pour 2035.


Une étude en 2020

En automne 2020, Bruxelles Environnement, en partenariat avec l'International Council for Clean Transportation (ICCT), a réalisé une étude de mesures « remote sensing » sans précédent. Ce projet, mis en œuvre dans le cadre de l'initiative TRUE (un partenariat international visant à dépolluer les véhicules et à améliorer la qualité de l'air urbain), a mesuré les émissions en conditions réelles de circulation de plus de 130 000 véhicules à Bruxelles. L'étude financée par la Fondation FIA et Bloomberg Philanthropies a permis de tirer plusieurs conclusions pertinentes sur le plan politique :

 

  • Les émissions d'oxyde d'azote (NOx) en conditions réelles des voitures particulières diesel circulant à Bruxelles dépassent largement les limites réglementaires en ce qui concerne les véhicules non soumis aux exigences en matière de certificat de conformité RDE (Real Driving Emissions) imposées à toutes les voitures neuves depuis septembre 2019. Ces groupes comprennent les véhicules certifiés aux normes Euro 4, 5 et 6 (pré-RDE), dont les émissions d'oxyde d'azote en conditions réelles étaient 3, 4 et 5 fois supérieures aux limites respectives d'homologation en laboratoire. Ces résultats sont conformes avec les études de l'initiative TRUE réalisées dans d'autres villes européennes.
     
  • Alors que les voitures particulières diesel Euro 4 ne représentent que 12 % du parc automobile testé à Bruxelles, elles sont responsables de près de la moitié des émissions de particules à l’échappement et d'un quart des émissions d'oxyde d'azote. Le retrait de ces véhicules à fortes émissions des rues de Bruxelles pour 2022 représente dès lors une étape importante en vue d'améliorer la qualité de l'air et de protéger la santé de ses habitants.
     
  • De la même manière, les véhicules diesel Euro 5, qui seront progressivement éliminés d’ici 2025, représentent 20 % du parc de voitures particulières mesuré à Bruxelles, mais sont responsables de 40 % des émissions d'oxyde d'azote. Leur disparition d’ici 2025 aura également un effet positif important sur la qualité de l'air à Bruxelles.
     
  • Cette étude a également révélé des informations sur les émissions de particules de la flotte bruxelloise : des mesures au pot d'échappement ont montré que 5 % des véhicules censés être équipés de filtres à particules diesel (FPD) présentaient des concentrations de particules indiquant un dysfonctionnement ou un retrait du filtre. On estime que ces véhicules à fortes émissions sont responsables de plus de 90 % des émissions totales de particules du groupe testé. Cette constatation confirme que les politiques visant à détecter ces véhicules pourraient contribuer de manière significative à la réduction des émissions du parc automobile.
     
  • Les données collectées ont aussi permis de mieux comprendre les performances réelles des véhicules les plus récents de la flotte bruxelloise, dont les émissions sont meilleures que celles des véhicules diesel plus anciens, mais qui sont encore plus élevées que prévu sur la base des limites réglementaires sur la route, ce qui souligne la nécessité d'adopter des règles EURO 7 strictes et de passer rapidement à des véhicules à « zéro émission directe ».

 

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