22.11.21
06:07

Le torchon brûle

35000 personnes dans les rues de Bruxelles pour dire non a la politique sanitaire de la Belgique, plus de 40 arrestations, et pendant ce temps-là, la 4e vague déferle sur la Belgique.

D’abord des chiffres pour comprendre de quoi on parle : la 4e vague covid frappe fort. Selon le dernier bilan Sciensano, on est sur une moyenne de 12054 nouvelles infections au coronavirus chaque jour : c'est une hausse de 19% par rapport à la semaine précédente. La province d’Anvers est la plus touchée au niveau de l’augmentation des contaminations. Chaque jour, on teste environ 85000 personnes, c’est une augmentation de 1% par rapport a la semaine précédente et les centres de testing sont dépassés. Il y a en moyenne 268 personnes hospitalisées chaque jour pour covid, c’est 29% de plus que la semaine précédente.

Actuellement, 2957 personnes se trouvent dans des hôpitaux belges pour cause de covid et 603 personnes sont en USI. Rappelons que la capacité USI  tourne autour des 1300/1400 lits, selon le personnel disponible.

Cette situation sanitaire a donné lieu hier a une grosse manifestation dans rues de Bruxelles et la plupart des comptages donnent quelque chose de l’ordre des 35000 participants à cette manifestation. L’ampleur n’avait pas du tout été anticipée par les forces de l’ordre qui se sont retrouvées débordées. Ainsi a -t-on vu des scènes d’émeutes en marge du cortège. Véhicules de police endommagés, policiers blessés, un bureau de poste détruit, des jets de pavé et de feux d’artifice d’un côté, autompompes/ arroseuses de l’autre.

Vers 17h tout est finalement rentré dans l’ordre après un chassé-croisé entre émeutiers et policiers notamment vers le Parc du Cinquantenaire : bilan plus de 40 arrestations.

L’attelage était assez hétéroclite puisque les appels a manifester étaient très divers : il y a notamment eu des appels relayés sur Facebook par des groupes d’extrême droite et des personnes issues de la mouvance flamingante. On a vu par exemple des drapeaux avec le lion flamand dans la manifestation.
A côté de cela, deux revendications majeures : l’abolition du CST rebaptisé le Covid slave ticket par les manifestants et l’opposition à l’obligation de la vaccination pour le personnel des soins de santé – et a fortiori pour toute la population.

Une manifestation pour défendre les libertés individuelles, comme le disaient les personnes interrogées surplace. D’ailleurs c’était le titre de la manif : « Ensemble pour la liberté ». Les manifestants étaient par ailleurs opposés pour la plupart au port du masque.  Conséquence: très peu de masques portés dans le cortège. Last but not least : pas mal de rancœur et de colère chez les manifestants vis-à-vis des médias qui, selon eux, ne relayent pas assez les positions critiques vis-à-vis de la vaccination.

On voit quand même que c’est cette question de la vaccination obligatoire qui met le feu aux poudres. Le PS par exemple a dit OK, avant de changer d’avis, ça a ajouté a la confusion…

Un mot d’abord de Peter Piot. Peter Piot est un virologue belge, considéré comme une sommité mondiale. Hier a la VRT, il a estimé que la vaccination du personnel soignant était la seule et unique solution possible : « c’est criminel, a-t-il dit, de soigner les autres dans un hôpital si on est pas soi-même vacciné ». Il a par contre ajouté qu’à ce stade il était contre la vaccination obligatoire pour tous : « une infirmière ou un médecin ne porte pas la même responsabilité qu’un jardinier ou un garagiste ». 

En ce qui concerne le Parti socialiste, qui a avalisé la vaccination du personnel soignant la semaine dernière en conseil des ministres le lundi  et retourné sa veste dans la foulée, c’est compliqué.

Le président Paul Magnette a mis son propre VP Dermagne sous pression. Magnette refusant que l’obligation de vaccination ne s’applique qu’aux soignants : c’est tout le monde ou personne, a-t-il dit. On a donc trouvé un compromis vendredi soir pour que le PS puisse vendre cette obligation vaccinale des soignants aux syndicats. Des aménagements ont été apportés et notamment le fait que soignants réfractaires a la vaccination auront droit au chômage temporaire. Un pas en avant, deux pas en arrière.

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