19.11.21
15:42

"Verviers arrive toujours en dernier"

Ce vendredi, la Commission Inondations au Parlement wallon a auditionné la bourgmestre de Verviers, Muriel Targnion. Pendant les événements, celle-ci était en vacances avant de reprendre ses fonctions le 15 juillet en fin de soirée. Pendant son absence, c'est l'échevine Sophie Lambert qui a géré la crise, et son témoignage avait mis en lumière des problèmes de communication entre les services, et son sentiment d'isolement et d'être mal ou peu informée. 

 

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"Tout est noté, ce sont des faits"

"Ce qui concerne le 14 et le 15 juillet, quand il y avait donc une bourgmestre faisant fonction, a été préparé mot pour mot," nous explique Muriel Targnion, "avec le commandant des pompiers, avec le chef de corps de la police, avec la directrice générale de la Ville de Verviers, avec la directrice technique de la Ville de Verviers, avec le PLANU. Sur des bases factuelles et sur base de notes qui ont été prises au moment des inondations et qui précisent, heure par heure, ce qui s'est passé. Ce sont des faits. C'est ce qui s'est passé. Mme Lambert a préparé différemment son intervention au Parlement. Elle l'a préparée sur base de son souvenir, sur base de ses SMS."

Sur les critiques de la gestion de la crise, la bourgmestre de Verviers explique que "le mercredi; il n'y avait pas d'inondation à Verviers. Un peu de débordement sur les routes et dans les caves, mais rien de dramatique. La police travaillait principalement sur Pepinster, où tout était inondé le mercredi, et c'est la même zone de police. Donc oui, la police travaillait sur Pepinster et elle n'avait pas, le mercredi, à informer toutes les heures la bourgmestre de Verviers. Elle l'a informée le matin. Elle l'a informée à 15h, lors de la première visioconférence, à 19h lors de la deuxième, et à 22h30 lors de la troisième."

"Par contre, dès 3h du matin, j'ai, dans le notebook de la police, les heures exactes. On a prévenu la bourgmestre faisant fonction de ce qui se passait, de la première personne qui était tombée dans la rivière, des premières catastrophes, des premiers ponts qui se fermaient, des premières maisons... Il y a tous les appels qu'elle a reçus  A partir de là, elle était une bourgmestre où il y avait des inondations. À partir de là, les contacts étaient permanents. Mais c'est normal que quand on est dans une zone de police ou une zone de pompiers, et qu'il y a des inondations partout ailleurs sauf dans la ville, on ne va pas tout le temps prendre contact avec cette bourgmestre là. A posteriori, tout le monde trouve qu'on aurait dû évacuer. C'est vrai, mais il faut se remettre dans le contexte et dans les faits qui se sont passés le quatorze."

 

"Pourquoi la même somme à chaque commune?"

Muriel Targnion insiste également sur le manque de moyens alloués à Verviers, les communes recevant les mêmes montants sans prise en compte de l'ampleur des sinistres. "Je suis extrêmement contente de l'effort financier qui est fait par la Région, dans une situation où je sais que les pouvoirs publics ont moins d'argent. Mais le problème, c'est qu'elles sont identiques pour chaque commune," explique la bourgmestre de Verviers au micro de Romuald La Morté. "Or, à Verviers, 5.000 maisons ont été inondées. On a tous des réalités différentes, je ne comprends pas pourquoi on reçoit les mêmes sommes. On a tous reçu 1 million de la Région. Quand on reçoit 1 million pour 5.000 maisons sinistrées et 15.000 personnes, c'est différent que pour 700 maisons. Il faut aider de manière proportionnelle au nombre de sinistrés. Ça me paraît logique. Et comme ça, on peut tous donner la même aide aux sinistrés."

"Sinon, dans la presse locale, on voit que telle commune a reçu de la Région et donne autant d'argent à ses habitants. Et nous, si on fait la même chose, on donne quatre, cinq, six fois moins. Et puis, la Région nous aide avec des déshumidificateurs. Mais à Verviers, on les reçoit en dernier, et beaucoup moins que des plus petites communes qui ont moins de maisons sinistrées. Donc, tout ça, c'est extrêmement difficile à comprendre. A la fois pour les autorités et surtout pour les citoyens". "

"L’aide de la Région est immense mais Verviers arrive toujours en dernier. C’est en tout cas ce que disent les sinistrés," a-t-elle encore dit en audition. 

 

Romuald La Morté et Vincent Schmitz

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