17.11.21
11:46

Un projet d'attentat en France contre l'opposition iranienne jugé en appel

Deux hommes et une femme, complices présumés d'un projet d'attentat contre un rassemblement de l'opposition iranienne en France en 2018, ont comparu mercredi devant la cour d'appel d'Anvers, où ils risquent jusqu'à vingt ans de prison.

Le principal protagoniste du dossier, le diplomate iranien Assadollah Assadi, 49 ans, n'est pas concerné par ce nouveau procès.

Il n'a pas souhaité faire appel de sa condamnation en première instance en février à vingt ans de réclusion, la peine demandée par le parquet fédéral. 

Un attentat à la bombe devait viser le 30 juin 2018 à Villepinte, près de Paris, le grand rassemblement annuel du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), une coalition d'opposants au régime de Téhéran dont la principale composante est l'organisation des Moudjahidine du peuple (MEK).

Le jour même, un couple de Belgo-Iraniens domiciliés à Anvers est arrêté par la police belge près de Bruxelles en possession de 500 grammes d'explosif TATP et d'un détonateur dans sa voiture.

La justice antiterroriste belge est saisie et les enquêteurs remontent rapidement au commanditaire présumé, Assadollah Assadi. Ce diplomate, alors en poste à l'ambassade d'Iran à Vienne, est arrêté le 1er juillet en Allemagne où il ne bénéficie plus de son immunité.

Outre Amir Saadouni et Nasimeh Naami, le couple qui devait se rendre au meeting avec une bombe, un troisième complice présumé, Mehrdad Arefani, a été interpellé le 30 juin 2018. Chargé des repérages à Villepinte, il a été arrêté en France puis remis à la justice belge.

En première instance Mme Naami, 37 ans, a été condamnée à 18 ans de prison, le tribunal d'Anvers soulignant sa personnalité particulièrement "manipulatrice", et son compagnon M. Saadouni, 41 ans, à une peine de 15 ans ferme.

M. Arefani, ancien poète dissident de 58 ans, présenté comme un agent du renseignement iranien agissant depuis la Belgique, a écopé d'une peine de 17 ans de prison.

Tous trois étaient présents mercredi à l'ouverture du procès devant la cour d'appel d'Anvers.

Ce dossier, mêlant espionnage et terrorisme, a suscité des tensions diplomatiques entre Téhéran et plusieurs capitales européennes, dont Paris.

Le 4 février, après l'énoncé du jugement du tribunal infligeant la peine maximale à M. Assadi, l'Iran avait de nouveau dénoncé une procédure judiciaire "illégale et en violation flagrante du droit international". Selon Téhéran, l'immunité diplomatique de M. Assadi a été bafouée.

Les opposants ciblés ont dénoncé de leur côté un projet relevant du "terrorisme d'Etat", qui aurait pu provoquer "un bain de sang" alors que des milliers de personnes assistaient à ce meeting de Villepinte.

Après le procès prévu jusqu'à jeudi, la cour d'appel mettra sa décision en délibéré. Elle ne devrait être connue que dans plusieurs semaines.

 

AFP

Partager cet article