09.11.21
11:54

Premier verdict pour Aung San Suu Kyi attendu le 14 décembre

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a été renversée par un coup d'État militaire en février et visée depuis par une multitude de procédures judiciaires

Dans ce volet de l'affaire, la justice doit se prononcer sur une éventuelle violation des restrictions liées à la pandémie de coronavirus par l'ancienne cheffe de facto du gouvernement. Cette dernière "va s'exprimer pour sa défense la semaine prochaine et le verdict est attendu le 14 décembre", d'après la source.

Les médias ne sont pas autorisés à assister au procès, à huis clos, de la prix Nobel de la paix qui se déroule devant un tribunal spécial de Naypyidaw, la capitale construite par les généraux. La junte a également interdit à son équipe juridique de parler à la presse ou à des organisations internationales.

Assignée à résidence depuis son arrestation à l'aube du 1er février, Aung San Suu Kyi, 76 ans, est jugée depuis juin pour une multitude d'infractions - importation illégale de talkies-walkies, violation des restrictions liées au Covid-19, sédition, corruption, incitation aux troubles publics...

Elle risque de longues années de prison si elle est reconnue coupable. 

De nombreux observateurs dénoncent un procès politique dans le but de neutraliser la gagnante des élections de 2015 et de 2020. 

Mardi, un tribunal de la junte dans l'État Karen (Est) a condamné Nan Khin Htwe Myint, ex-députée de la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi, à 75 ans de prison pour corruption, une peine assortie de travaux forcés, a indiqué son avocat Aung Thein.

Fin octobre, Win Htein, proche collaborateur de Suu Kyi âgé de 80 ans, a été condamné à 20 ans de détention pour trahison.

Le putsch de février a mis fin à une parenthèse démocratique d'une décennie. 

Depuis, les militaires mènent une répression sanglante contre leurs opposants avec plus de 1.200 civils tués et plus de 7.000 en détention, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui a rapporté des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

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