05.11.21
16:25

Des nouvelles mesures? "Il faut en tout cas utiliser tous les moyens possibles"

L’infectiologue Erika Vlieghe, présidente du GEMS (le groupe d’experts en charge de la stratégie de crise), rappelle à notre micro que l'on savait que les mois d'automne et d'hiver allaient être difficiles. Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, a d'ailleurs déclaré ce vendredi matin qu'il était désormais "urgent" de prendre des mesures sanitaires. "Décider s'il faut de nouvelles mesures, c'est une décision politique mais ce qu'il faut sans aucun doute, c'est faire diminuer la circulation du virus avec tous les moyens possibles", précise Erika Vlieghe. "En faisant vraiment ce que nous avons conseillé: reprendre le télétravail sérieusement, réduire le nombre de contacts à risque, vraisemblablement porter le masque, se faire tester quand on est malade, etc. Il faut prendre cela au sérieux pour que la circulation du virus soit à nouveau réduite. Ça, c'est indispensable."

 

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"Désolé mais c'est ce que nous disons déjà depuis des semaines... Que ça n'allait pas être facile, que l'automne et l'hiver sont des périodes difficiles, notamment pour les infections respiratoires.... Nous savions que ça allait arriver, nous avons averti. Et donc oui, c'est vrai, il faut le prendre au sérieux. Parce que ce variant Delta est super contagieux. Ce qui veut dire que si vous avez une grande masse de gens qui est contaminée, même un tout petit pourcentage d'un grand groupe, ça fait encore pas mal de personnes. C'est le jeu des chiffres maintenant. Avec un virus qui est fort contaminant, fort transmissible, on finit quand même avec un certain nombre de gens qui sont malades. Et même si c'est un petit groupe, on peut facilement remplir des hôpitaux."

 

Va-t-on faire la même chose pour fumeurs et non-fumeurs?

Concernant l'annonce de l’hôpital universitaire UZ Gent qui affirme qu'il ne réserverait plus de lits pour les patients atteints du Covid-19, "majoritairement non vaccinés" au détriment d’autres pathologies, l'infectiologue se montre, comme le Dr Goffard, plus que réservée. "Je comprends la frustration, je comprends la fatigue et l'état d'épuisement, etc. Nous le savons tous. Mais je pense qu'il faut être très, très, très prudent  parce que ça pose vraiment de grandes questions éthiques. Et il faut faire très, très attention à juger des patients. Il faut continuer à faire un jugement purement médical. Parce que si on commence à penser d'une manière très binaire, vacciné versus non-vacciné, est ce qu'on va faire la même chose pour fumeurs et non-fumeurs? Et avec ceux qui ont conduit à plus de 130 km/h sur l'autoroute?"

 

Une interview de Romuald La Morté

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