22.10.21
09:13

Covid en Belgique: "Quel bout du tunnel?"

Tous les indicateurs épidémiologiques sont dans le rouge. La Belgique est entrée dans une 4e vague covid. On ne voit pas encore le bout du tunnel.

Quatrième vague, on a que ce mot là à la bouche depuis hier… Et oui, ce n’est hélas pas une vague qu’on surfe dans les eaux turquoises de l’océan indien, mais bien chez nous de Arlon à Nieuport en passant par Bruxelles. C’est Frank Vandenbroucke qui a officiellement ouvert la saison de cette 4e vague en s’exprimant à la VRT cette semaine. Partout, le covid reprend de la vigueur, tant au niveau des contaminations, que des hospitalisations et même des décès. "Pas de raison de paniquer", a dit Frank Vandenbroucke, "mais il faut agir".

Selon les derniers chiffres de Sciensano, au niveau des contaminations, entre le 11 et le 17 octobre, une moyenne de 3.249 personnes ont été contaminées chaque jour par le Covid-19. Il s’agit d’une hausse de 53% par rapport à la semaine précédente. On a dépassé les chiffres de contaminations de la 3e vague en mars dernier, et on ne teste pas plus. Bref, sur les contaminations, on est clairement en 4e vague.

Pour ce qui est des admissions quotidiennes à l'hôpital, entre le 14 et le 20 octobre, on est sur 87,7 admissions de patients atteints du coronavirus chaque jour. C’est une augmentation de 53% par rapport à la période de référence précédente. On a aujourd’hui environ 1000 personnes infectées hospitalisées (c’est +27%), dont 240 sont traitées en soins intensifs (c’est +19%).

Les hôpitaux ne sont pas à saturation, mais la situation est tendue et certaines opérations/hospitalisations non liées au covid vont devoir être reportées si la situation ne s’améliore pas. Enfin, au niveau des décès, du 11 au 17 octobre, près de 12 personnes sont décédées par jour en moyenne des suites du virus, en augmentation de 32% par rapport à la période de sept jours précédente.

Ces mauvais chiffres expliquent pourquoi la Belgique a de nouveau été coloriée en rouge sur la carte européenne du virus. Chaque jeudi, le centre européen de prévention et de contrôle des maladies publie la carte européenne de la contamination: hier, la Flandre a rejoint la Wallonie et Bruxelles en rouge. Un pays ou une région deviennent “rouge” dans deux cas: lorsque le taux d’infection pour 100.000 habitants fluctue entre 75 et 200 pendant une période de quatorze jours avec un taux de positivité (pourcentage de tests positifs sur le nombre total de tests) supérieur à 4% ou lorsque le taux d’infection est supérieur 200, quel que soit le taux de positivité.

Il est donc temps d’agir face à cette quatrième vague. Le vaccin fait évidemment office de tampon mais, comme le dit le virologue Steven Van Gucht, avec ces mauvais chiffres, en mars dernier, on aurait décrété un confinement total. Ici, la circulation du virus est dopée par l’automne, les contaminations à l'école et sur les lieux de travail. Alors, que va-t-on faire? Insister sur la vaccination notamment à Bruxelles ou des efforts en ce sens doivent être poursuivis, remettre son masque de protection quand on est à l'intérieur, et là, le ministre fédéral de la Santé vise la Flandre, où cette mesure a été abandonnée. Des discussions ont également lieu pour voir s’il est opportun de prolonger le congé de Toussaint d’une semaine pour casser la dynamique de contamination dans les écoles.

Reste aussi l’épineuse question de la vaccination obligatoire du personnel soignant. Frank Vandenbroucke veut faire valider cette obligation par le Parlement avant le congé de Noël, il est inacceptable qu’une personne non vaccinée soit en charge dans des hôpitaux et des établissements de santé, selon lui. Ce sera donc vaccination obligatoire ou sanction.

Martin Buxant

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