21.10.21
06:59

Covid-19: la gestion hasardeuse se poursuit (encore et encore) 

On a l’habitude de gérer à la petite semaine dans ce pays mais là on est particulièrement bien servi sur la crise sanitaire. Entre le CST et ses failles de sécurité et les écoles où le tracing est dans le flou total, c'est à nouveau la débandade.

 

Quand y'en a plus, y'en a encore, comme dans la chanson de Stromae.

Ceux qui n’ont pas du tout envie de danser, c’est l’association Charta21, un collectif de défense des droits fondamentaux, qui a mandaté plusieurs avocats hier soir , mercredi, afin de se mobiliser contre le CST.

Ils ont introduit purement et simplement une demande de suspension du CST en référé, donc en urgence, devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Les avocats seront entendus dès demain par le juge pour leur plaidoirie.

Charta 21 vise quelque part davantage la forme du CST plutôt que le fond puisque, ce qui les inquiète au plus haut point, disent-ils, ce sont les failles dans la sécurité digitale des CST. C’est le logiciel de contrôle des codes QR "CovidScan" qui est ici en cause. 

La protection des données confidentielles des citoyens n’est en aucun cas assurée, selon les avocats, et tout un chacun, avec des connaissances informatiques un peu poussées, peut aller vérifier si son voisin a fait le Covid, s’il est vacciné ou pas, etc.

Les avocats ont également saisi l’Autorité de protection des données pour qu’elle embraye sur leur démarche. "Si les failles de l’application sont avérées, cela constituerait une violation inédite de la protection de la vie privée des citoyens", soulignent les avocats dans un communiqué. 

Encore une fois dans cette crise sanitaire, on est suspendu à une décision de justice parce que les choses ont été faites à la va-vite et de manière bancale.

Enfin, à la va-vite, oui et non. Sur le CST, ça a été trois pas en avant et deux pas en arrière, avec le temps que cela a pris, on eut imaginé qu’un service compétent aurait pu vérifier la fiabilité de l’application digitale chargée du Scan des CST, mais non.

Or demain, si le juge donne raison aux plaignants à Bruxelles, il n’y a pas de raison qu’on ne suive pas le même chemin en Wallonie. Et on serait donc sans CST, cet outil qu’on nous a présenté comme indispensable pour contenir une remontée du Covid.

Une épée de Damoclès pèse au dessus du CST, donc. Mais il n’y a pas que là que la mauvaise gestion de la crise sanitaire se fait ressentir ces derniers jours.

Dans les écoles, le tracing des élèves et les quarantaines sont devenus une sorte de vaudeville pas comique du tout – pour les enfants mais aussi pour les parents – où plus personne n’y comprend rien.

La médecine scolaire, qui est censée être a la manœuvre, est à la rue, complètement dépassée, éreintée par ces mois de crise, sous-staffée, elle manque d’effectifs.

On les appelle les PSE (promotion de la santé a l’école) ou PMS (centre pyscho médico sociaux), ils ne s’occupent plus du tracing des élèves et des enseignants.

Les infirmières et infirmiers scolaires faute de moyens se sont mis en grève ou ne veulent plus assurer des missions de tracing Covid qui imposent des gardes de week-end par exemple.

Et là, accrochez-vous, déjà la médecine scolaire dépend d’une ministre (Bénédicte Linard) et les écoles d’une autre (Caroline Désir) : il faut accorder les violons une première fois a la FWB.

Mais ce sont, d’après le journal Le Soir de ce matin, finalement les régions qui vont reprendre la charge du tracing scolaire après les congés de Toussaint via leur contact center.

En attendant, et alors que le nombre de cas ne cesse de remonter, en partie à cause de l’automne, dans les écoles, c’est le règne de la débrouille totale.

 

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