20.10.21
06:02

Actiris: les grands défis de Mme Amboldi  

Le gouvernement bruxellois va désigner une proche du ministre de l’Emploi a la tête d’Actiris. Il y a les remous que cela suscite mais il y a surtout les défis auxquels cette future patronne va être confrontée : 91000 chômeurs a Bruxelles, dont 60% sont au chômage depuis plus d’un an. Bonne chance à elle. 

 

Polémique à Bruxelles : on va nommer Cristina Amboldi a la tête d’Actiris

Selon nos informations, cette nomination sera actée ce jeudi par le gouvernement bruxellois: Cristina Amboldi, va prendre les commandes de l’Office régional en charge de l’emploi en Région Bruxelloise.

Mais pourquoi cela risque de faire polémique? 

Certains au sein de la majorité bruxelloise voient d’un mauvais œil que Cristina Amboldi, cheffe de cabinet adjointe du ministre de l’emploi Bernard Clerfayt, soit désignée à la tête d’un organe dont il a la tutelle.

Elle aurait, dénonce certaines sources, eu accès à certaines informations privilégiées dans la procédure de recrutement grâce au poste qu’elle occupait. 

Elle a terminé ce concours 1ère, loin devant l’autre candidate, Olivia Ptito, une candidate socialiste. De son côté, le cabinet du ministre Clerfayt réfute toutes ces allégations de favoritisme et a indiqué que Mme Cristina Amboldi a été écartée de la cellule emploi du cabinet dès qu’elle a notifié son intention de participer a la sélection.

Polémique ou pas polémique, c’est bien elle, qui est par ailleurs mandataire locale Défi, va succéder à Grégor Chapelle a la tête d’Actiris.

Et on peut par ailleurs s’interroger sur l’amateurisme de la procédure de sélection – un peu à l’ancienne - quand on sait que Grégor Chapelle, qui a dirigé Actiris pendant 10 ans, avait personnellement indiqué au gouvernement bruxellois dès décembre de l’année dernière qu’il fallait mettre en place une procédure pour le remplacer étant donné qu’il a choisi de poursuivre sa carrière dans le secteur privé.

En 2016 même, on savait que M. Chapelle ne ferait pas de 3e mandat. Ça ne fait jamais que 5 ans pour préparer sa succession ! Or ici, on agit dans la précipitation totale et la désorganisation pour désigner un des CEO d’une entreprise publique aussi capitale qu'Actiris et qui aura la charge de lutter contre le chômage a Bruxelles durant les 5 prochaines années.

Certains disent qu’Actiris est même un Etat dans l’Etat vu son poids et son importance à Bruxelles… 

Effectivement, il y a 1600 personnes qui travaillent chez Actiris et leur mission est de tout faire pour que le chômage diminue en région bruxelloise et que le taux de d’activité augmente. Selon les dernières stats, la Région compte 91000 demandeurs d’emploi: c’est un taux de chômage plus ou moins stable depuis deux ans pour Bruxelles mais qui point quand même a 15%, c’est de loin le plus haut du pays. Parmi ces 15% de demandeurs d’emploi, on trouve 10% de moins de 25 ans. 

On pourrait dire qu’il y a deux grands défis structurels pour Mme Amboldi, mandataire Défi. D’abord, s’attaquer aux métiers en pénurie. Ce n’est pas propre à Bruxelles : les Wallons et les Flamands sont confrontés au même problème. Il va falloir être innovant dans la stratégie et axer tout sur la formation des demandeurs d’emploi. Cela fait 20 ans qu’on se plaint de ne pas trouver des profils pour tel ou tel métier, il faut, disent certains spécialistes, accepter de payer les personnes qui se lancent dans une formation d’un métier en pénurie. On rémunère leur formation. 

Il faudra également diminuer le nombre de chômeurs de longue durée. À Bruxelles, plus de 60% des DEI sont au chômage depuis plus d’un an. Il faut là aussi, sans idéologie, tout faire pour les ramener vers le marché du travail, notamment vers ces métiers en pénurie encore une fois.  

Ce sont de vrais travaux d’Hercule ! D’autant qu’a l’interne aussi, la nouvelle patronne va être confrontée à de sacrés challenges…

Ici aussi, ils sont au nombre de deux. Primo, la digitalisation de l’appareil d’Actiris. Aujourd’hui, le digital offre des solutions innovantes et super adaptées pour booster la lutte contre le chômage, mais il faut qu’Actiris embrasse le challenge lui-même et évite de s’en remettre entièrement ou presque entre les mains des consultants. Le business des consultants ne fait pas spécialement les affaires d’Actiris.

Autre grand défi et il est de taille : les ressources humaines. Là, pointe des experts, le challenge est énorme, car la démotivation guette les 1600 collaborateurs. 

Être conseiller emploi et être confronté jour après jour a des situations compliquées où on pousse certains profils a prendre un boulot dont ils ne veulent pas, ça peut être terriblement usant.

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