15.10.21
06:05

La Belgique se paie une île (énergétique)

La Belgique s’achète une île. Non pas une île vierge avec des cocotiers et du soleil, mais une île énergétique avec beaucoup de vent pour faire tourner des éoliennes et produire plus de 2 gigawatts, soit la capacité de deux réacteurs nucléaires.

Tinne Vanderstraeten et Georges Gilkinet, les ministres verts du gouvernement fédéral sont de sortie ce vendredi. 

Selon nos informations, c’est aujourd’hui que va être présentée par la ministre écologiste flamande l’un des projets les plus inédits du Plan de relance : celui d’une île énergétique.

Non ce n’est pas la Belgique qui rachète les Bahamas ou les Seychelles pour profiter de leur climat, mais de la construction d’un gros et nouveau pôle de production d’énergie basé sur des éoliennes offshore – donc en mer – devant produire quelque 2,3 gigawatts, soit pour être concret, la capacité de deux réacteurs nucléaires – pour autant évidemment que le vent souffle fort.

Alors, cette île énergétique sera basée dans ce qu’on appelle la "Zone Princesse Élisabeth", en Mer du Nord, dans les eaux territoriales belges, mais en fait devant la côte française, la zone fait quand même 280 kilomètres carrés.

L’île va permettre, outre donc la création d’énergie, l’interconnexion des réseaux avec le Danemark, qui a un réseau compatible au Belge. On va donc pouvoir échanger de l’électricité avec les Danois.

Plusieurs sources nous affirment que ces installations seront opérationnelles à l'horizon 2026. Les travaux a réaliser sont évidemment colossaux, il va y avoir un appel d’offres mais le gestionnaire du réseau belge, Elia, est évidemment impliqué.

Ce ne sera pas une île bâtie sur du sable, mais bien sur une structure en béton qu’on devrait ensuite remplir de sable : la surface de l’île serait quand même de 5,5 hectares, la moitié sera consacrée à la production d’énergie et les connexions aux autres réseaux mais une autre partie pourrait être consacrée aux activités de stockage d’énergie ou l’installation de grands panneaux photovoltaïques en mer.

Mais à moins d'avoir un regard d’aigle, il sera impossible d'apercevoir cette île qui sera construite a une quarantaine de kilomètres de la côte.

On nous indique également un budget de 500 millions d’euros pour la mise en place de ce projet, dont la moitié viendra du plan de relance européen.

Il faut bien entendu lire cet investissement à la lumière de deux paramètres :


Primo, la sortie du nucléaire en 2025. Et là, ça fritte au sein du gouvernement pour voir si la Belgique a effectivement la capacité d’assurer la sécurité d’approvisionnement sans l’énergie nucléaire. Ce projet est donc vital pour la ministre de l’Energie qui défend la date de sortie du nucléaire.
Secundo, dans quelques jours c’est la COP26 à Glasgow et les engagements des pays en matière de diminution de CO2 sont passés a la loupe. Or en sortant du nucléaire et en projetant la construction de centrales au gaz, la Belgique a augmenter ses rejets de CO2. Ici l’éolien offshore et notamment cette île énergétique va lui permettre de faire baisser son bilan CO2, ce qui est primordial pour respecter nos engagements en la matière: -55% de C02 en 2030.

Concernant le ministre Gilkinet, lui aussi va faire une annonce aujourd’hui. Suite aux inondations on sait que le réseau ferroviaire a été fortement impacté. En réponse à cela une enveloppe de 60 millions d’euros va être libérée pour la remise en état rapide du réseau par Infrabel.

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