09.10.21
14:03

L'ancien premier ministre français Edouard Philippe lance son parti "Horizons"

Quinze mois après son départ de Matignon, Edouard Philippe a lancé samedi son propre parti, baptisé "Horizons", pour "participer à la constitution d'une nouvelle offre politique" et élargir vers la droite le socle de soutiens à Emmanuel Macron.

Quinze mois après son départ de Matignon, Edouard Philippe a lancé samedi son propre parti, baptisé "Horizons", pour "participer à la constitution d'une nouvelle offre politique" et élargir vers la droite le socle de soutiens à Emmanuel Macron.

"Avec Horizons, nous allons définir une stratégie pour la France, c'est une aventure collective", a lancé l'ancien Premier ministre (ex-LR) dans sa ville du Havre, en expliquant que le nom avait été choisi "parce qu'il faut voir loin".

"Son positionnement, c'est devant", avec "une logique de partenariat, de rassemblement", et "la ligne est de préférer la sérénité à la fébrilité", a-t-il ajouté.

Et "la deuxième ligne claire est le soutien au président de la République" pour que "les cinq années qui viennent soient des années utiles".

Car "très clairement, mon objectif en 2022 est qu'Emmanuel Macron soit réélu", a-t-il lancé, alors que certains le soupçonnent de vouloir faire cavalier seul, à l'heure même où la macronie essaie de construire une "maison commune".

"Si c'est une bannière, nous serons derrière", a-t-il assuré, très applaudi, tout en demandant une égalité de traitement au sein de cette "maison commune" avec LREM et MoDem.

Les patrons des trois groupes parlementaires de la majorité à l'Assemblée, Christophe Castaner (LREM), Olivier Becht (Agir) et Patrick Mignola (MoDem) avaient fait le déplacement.

Participaient aussi au rendez-vous 160 maires, 600 élus locaux (dont les maires de Fontainebleau Frédéric Valletoux, et de Reims Arnaud Robinet) et une soixantaine de parlementaires, dont Marie Lebec, Pierre-Yves Bournazel, Naïma Moutchou ou Marie Guévenoux.

Au cours de son discours de presque deux heures, émaillé de références à Nicolas Sarkozy, Valéry Giscard d'Estaing et Alexandre Dumas, Edouard Philippe a évoqué "quatre transformations extrêmement massives et signifiantes" que devra affronter le pays - démographique, environnemental, géopolitique et technologique -  et défendu "la constance" et "la cohérence" pour y répondre.

"Recomposition" 

 

Il a également appelé à "remettre de l'ordre dans nos comptes et dans nos rues", et a longuement défendu son idée de porter "probablement" à "65, 66, 67 ans" l'âge de départ à la retraite. Autant de clins d'oeil à droite, que l'ex-LR est soupçonné dans son ancienne famille de vouloir siphonner à l'approche de 2022, en profitant des hésitations sur le nom du candidat ou de l'attrait que pourrait exercer Eric Zemmour sur les plus droitiers.

"La poutre travaille, et croyez-moi, elle n'a pas fini de travailler", a affirmé Edouard Philippe, en allusion à une recomposition politique qui reste "évidemment en cours". Et la réélection d'Emmanuel Macron "passera par un élargissement de sa base électorale", a-t-il fait valoir.

A son arrivée au Havre, Olivier Becht avait déjà assuré, en évoquant les adhérents "chez LR et à l'UDI qui partagent nos valeurs", que "si Edouard Philippe arrive à ramener ces gens dans la maison commune, c'est autant de points positifs pour élargir la majorité et faire en sorte qu'Emmanuel Macron soit réélu en 2022".

Le nouveau parti permettra de constituer "une formidable attaque, mais pas seulement pour l'élection présidentielle", avait abondé Patrick Mignola.

Dans ce dispositif, les élus seront cruciaux, beaucoup de maires de droite Macron-compatibles ayant déjà rejoint le mouvement "La République des maires". La nouvelle formation leur réservera une place de choix, puisqu'ils auront leur propre "assemblée des maires" qui élira le vice-président.

Les statuts du parti seront déposés lundi, et il sera doté d'une charte de 20 principes défendant notamment "la poursuite de la transformation du pays", "l'ordre", "la justice sociale" et "le projet européen". Il s'agit aussi de combattre "les extrêmes de tous bords", "les ennemis de la laïcité", "les partisans de la décroissance" ainsi que "les naïfs et les populistes de l’immigration".

Sur l'aile gauche de la macronie, le petit parti Territoires de progrès, lancé début 2020 par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, tient son propre congrès samedi à Bordeaux. Le ministre du Budget Olivier Dussopt (ex-PS) pourrait en récupérer la présidence.

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