22.09.21
09:33

Le PS veut le chômage en cas de démission

Une proposition phare des socialistes ce matin: permettre aux salariés de démissionner et d'avoir droit au chômage. C’est, disent-ils, pour le bien-être des travailleurs. C’est joli et bien présenté. Mais les libéraux de la coalition Vivaldi vont avoir du mal à avaler cette pilule-là.

Nouvelle source de tensions potentielles au sein de la coalition Vivaldi. On en fait le décompte régulièrement sur LN24 et, aujourd’hui, ce sont les socialistes qui mettent un peu de charbon dans la locomotive à polémiques puisqu’ils dégainent une série de propositions pour activer le marché de l’emploi – une série de propositions qui vont rester en travers de la gorge de l’aile droite du gouvernement fédéral…

C’est le journal L’Echo de ce mercredi qui répercute cette liste de courses socialiste de 25 propositions mise sur la table du gouvernement par le ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne. L’une d’entre elle va faire jaser, c’est l’idée de permettre aux salariés qui démissionnent de toucher des allocations de chômage. Vous savez qu’actuellement, seules les personnes qui sont licenciées ont droit au chômage. Le PS veut changer ce dispositif en permettant à une personne de quitter volontairement son emploi un certain nombre de fois au cours de sa carrière tout en conservant son droit à toucher le chômage.

Avec cette mesure, le PS entend se soucier du bien-être des travailleurs. Un certain nombre d’employés et d’ouvriers ne sont pas heureux dans leur job et hésitent à les quitter faute de pouvoir toucher le chômage. Ils attendent que leur patron les vire, ce que celui-ci peut tarder à faire parce que ça a un coût social… Conséquence :  mal-être du salarié et productivité à la baisse si le travailleur est démotivé. Dermagne veut favoriser la mobilité professionnelle en offrant aux salariés de pouvoir se réorienter un nombre limité de fois durant leur carrière et à condition d’avoir occupé un emploi durant plusieurs années.

Cette proposition est loin d’être inédite, un mécanisme analogue avait été déposé par les écologistes. Le patron des verts au Parlement fédéral Gilles Vanden Burre l’expliquait encore il y a quelques jours dans les colonnes de La Libre: “Il faut permettre aux salariés de démissionner en accédant aux allocations de chômage moyennant une formation spécifique vers un métier en pénurie. Aujourd'hui, en Belgique, dans la plupart des cas, après une démission, on n'a droit à rien. Il faut évoluer et permettre aux gens de se réorienter dans des métiers en pénurie où l'accès à l'emploi est quasiment immédiat”.

Pour Ecolo,  les personnes qui franchissent ce pas de la démission libèrent leur poste pour d'autres personnes. Cela va fluidifier le marché de l'emploi et permettre à de personnes de s'émanciper dans des trajets professionnels où elles seront plus heureuses.

On peut dès lors supposer que Groen aussi est derrière la proposition Ecolo, c’est beaucoup moins certain en revanche du côté des socialistes flamands de Vooruit qui ont – parfois – un positionnement plus centriste, plus social-démocrates que leurs camarades wallons et francophones, mais c’est dû à la sociologie de la Flandre qui est beaucoup plus à droite que la Wallonie.

La droite va-t-elle trouver ces propositions imbuvables? Tout le monde cherche ce fameux taux d’emploi de 80% à l'horizon 2030, mais les recettes des libéraux francophones et flamands mais aussi du CD&V sont bien différentes de celles proposées par PS et Ecolo. GLB est encore venu nous le dire hier sur notre plateau : il veut pouvoir exclure du chômage les demandeurs d’emploi qui refusent deux fois un métier en pénurie. D’un côté, on a l’élargissement de l'accès au chômage, de l’autre on veut le limiter. Bon amusement pour en faire la synthèse.

 

Martin Buxant

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