20.09.21
08:15

Angry Birds version Vlaams Belang

Le Vlaams Belang cartonne dans les sondages en surjouant son rôle de caliméro. Tout le monde lui en veut, les « méchants » médias classiques mais aussi les réseaux sociaux, du coup le Belang va lancer sa propre application digitale. On est jamais mieux servi que par soi-même.

Elle pète la forme l’extrême-droite en Flandre puisque le dernier sondage Le Soir RTL , qui date de samedi, la place comme potentiellement premier parti de Belgique avec 23,6% d’intentions de vote, devant la NVA qui pointe a 21%, le Belang gagne 5 points par rapport a son score électoral de 2019…

Cette bonne santé électorale du Belang est due à un jeu de vase communicants, d’une part, entre la NVA et le Vlaams Belang et on peut affirmer sans trop se tromper que le discours de Bart De Wever, on l’a encore vu a Plopsaland récemment, porte moins qu’auparavant. Sa crédibilité est entachée par le fait qu’il a lui-même participé avec la NVA au gouvernement précédent, il n’est plus le chevalier blanc anti establishment qu’il a pu être auparavant. L’autre grande raison de la bonne santé du Belang tient dans le parti lui-même et dans son ravalement de façade…

 Avec des députés et cadres tirés à quatre épingles et qui rassurent…Il est loin le temps des éructions d’un Gerolf annemans ou d’un Filip Dewinter, des personnages qui faisaient trembler la ménagère flamande. Ici, on a un Tom Van Grieken, le président, qui lisse sa personnalité et rend le parti plus "acceptable" et "normal" aux yeux des Flamands. C’est la stratégie de la dédiabolisation chère a Marine Le Pen en France, par exemple. En parallèle, le parti laisse vivre et s’exprimer des éléments plus extrêmes comme le député Dries Van Langenhove qui ratisse large avec ses propos incendiaires, on l’a encore vu s’illustrer la semaine dernière en se moquant des transexuels…

L’autre grande nouveauté du week-end pour le Belang, c’est qu’il lance sa propre application digitale; On est jamais mieux servi que par soi-même: du coup le Belang a indiqué dimanche lancer effectivement sa propre application. Elle est présentée comme un canal d'"information politiquement incorrecte" et "non censurée", mais aussi comme un outil d'interaction entre les militants (et sympathisants) et le parti flamand d'extrême droite. Le parti adore se positionner en victime de la censure des médias classiques mais aussi des Big Tech comme Facebook, c’est une seconde nature chez le Belang que de jouer le calimero. Ça a encore été le cas récemment quand Facebook a retiré leur message de condoléance au militaire d’extrême droite Jürgen Conings, le Belang avait pleurniché contre cette censure.

En termes de contenu, ça risque d’être très fin et subtil, Tom Van Grieken en a donné un aperçu hier, ça va forcément balancer a tout va contre l’immigration et les Belges de confession musulmane, mais pas uniquement puisqu’on se souvient qu’il y a quelques jours encore le Belang arrosait les enseignants "tous à gauche" et appelait a les dénoncer… Alors, on a été vérifier ce matin l’app est déjà dispo sur l’App Store et sur Google pour Android ou via le site web du belang.

On est quand même étonné que l’App store valide ce genre d’applications, mais la politique d’apple en la matière est confuse. Bref, sur l’app du Belang, il y a même un petit jeu ou vous pouvez chatter avec le parti et gagner des points. C’est presque ludique. C’est ANGRY birds version extrême droite… Dédiabolisation, on vous disait.

Ce qui est paradoxal, c’est que le Belang dénonce la censure des réseaux sociaux et des Big Techs mais qu’il y dépense énormément pour faire sa propagande.  On n'est pas à une contradiction près au Vlaams Belang. Selon des chiffres de L’Echo compilé le mois dernier, en 2020, le VB a dépensé plus de 640.000 euros en différentes publicités rien que sur Instagram et Facebook, TVG pour sa seule publicité personnelle sur les mêmes réseaux a lui dépensé 81.000 euros.

Cet argent vient de vos poches. En 2020, le VB a perçu 7,9 millions d’euros de dotation publique pour pouvoir fonctionner, c’est le 3e parti le plus subventionné derrière la NVA et le Parti socialiste. Mais selon une étude de la KUL, c’est celui qui dépense le plus dans la communication : 58,7% de son budget part dans la propagande et la com’… De quoi, en effet, se payer une application digitale. 

 

Martin Buxant

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