19.09.21
16:31

L'Iran prêt à approvisionner le Liban en carburant si son gouvernement le demande

L'Iran s'est déclaré prêt dimanche à approvisionner le Liban en carburant si le gouvernement libanais le lui demandait, quelques jours après l'arrivée dans ce pays, en proie à de graves pénuries, d'une cargaison iranienne de fioul à l'initiative du Hezbollah, proche de Téhéran.

"L'Iran est déterminé à coopérer avec les gouvernements amis et à les aider. Dans ce cas, il y a eu une demande d'hommes d'affaires libanais. Le processus d'achat et de vente s'est déroulé normalement et la cargaison a été envoyée", a expliqué à la presse le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

"Si le gouvernement libanais veut nous acheter du carburant pour résoudre les problèmes de la population de ce pays, nous le fournirons", a-t-il ajouté.

Jeudi, des dizaines de camions citernes chargés de fioul iranien et acheminés par le Hezbollah sont arrivés au Liban à travers la frontière avec la Syrie, après que le carburant a été déchargé d'un pétrolier au port syrien de Banias.

La décision du Hezbollah, selon qui des expéditions supplémentaires arriveraient prochainement, est intervenue alors que le Liban manque cruellement de carburant en raison de l'incapacité du pays à le financer.

La pénurie de carburant affecte divers secteurs, y compris les hôpitaux, les boulangeries, les communications et les denrées alimentaires, alors que le Liban est en plein effondrement économique depuis deux ans, une crise que la Banque mondiale a classé parmi les pires au monde depuis 1850.

Le Hezbollah, force militaire et politique la plus importante du Liban, a annoncé le mois dernier son intention d'importer du carburant de Téhéran, suscitant des critiques parmi ses opposants politiques.

L'importation de fioul d'Iran, qui fait l'objet de sanctions américaines, a été implicitement critiquée par le Premier ministre libanais Najib Mikati, les autorités libanaises ayant affirmé à plusieurs reprises qu'elles s'engageaient dans leurs transactions financières et bancaires à ne pas violer les sanctions imposées à Téhéran.

M. Mikati a critiqué les expéditions de carburant, mais a estimé que la manière dont le chargement est arrivé n'exposait pas le Liban à des sanctions américaines.

Il a déclaré vendredi à CNN : "Je suis attristé par la violation de la souveraineté du Liban, mais je n'ai aucune crainte de sanctions, car l'opération s'est déroulée indépendamment du gouvernement libanais".

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé que son parti avait pris la décision de faire venir des navires iraniens en Syrie et non directement au Liban pour éviter que l'Etat libanais ne soit "embarrassé" et soumis à des "sanctions".

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