19.09.21
09:13

Dernière chance de briller pour les aspirants à la succession de Merkel

A une semaine des législatives, les dirigeants des trois plus grands partis allemands vont croiser le fer dimanche lors de leur dernier grand débat télévisé dans ce format, alors que la course à la chancellerie reste plus que jamais ouverte.

Candidat actuellement le mieux placé, le ministre des Finances et vice-chancelier social-démocrate Olaf Scholz s'était imposé selon les sondages lors des deux précédentes joutes, se posant en gestionnaire expérimenté et calme, qualités rassurantes aux yeux des Allemands.

Le conservateur Armin Laschet, qui se considère comme l'héritier naturel d'Angela Merkel, s'est montré combattif dans la dernière ligne droite de sa campagne électorale marquée au début par une certaine nonchalance, puis plusieurs faux pas embarrassants.

Mais le Rhénan, peu populaire, n'est pas parvenu jusqu'ici à reprendre l'avantage: sa formation, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) alliée au CSU bavarois, a un peu remonté dans les enquêtes à entre 20 et 22%, contre 25 à 26% pour le SPD.

"C'est un peu comme quand votre voiture est bloquée dans le sable", a récemment estimé le président du Bundestag et éminence grise des conservateurs Wolfgang Schäuble. "A chaque tentative d'en sortir, vous vous enterrez davantage", a-t-il pointé dans un entretien à l’hebdomadaire Die Zeit.

 

Indécis 

Les Verts et leur cheffe de file Annalena Baerbock, qui avait suscité l'engouement au printemps avant de commettre plusieurs bévues attribuées largement à son inexpérience, pointent actuellement entre 15 et 17% des voix, un écart qui semble mettre la juriste de 40 ans hors course pour le poste suprême.

Les surprises ne sont toutefois exclues. 40% des électeurs allemands ne savent en effet toujours pas pour qui ils vont voter, selon une étude représentative de l'institut Allensbach. S'ajoutent aussi les marges d'erreur des sondages et la part importante cette année -pour cause de pandémie- du vote par correspondance.

Les écologistes devraient à tout le moins jouer un rôle crucial dans la formation d'un gouvernement de coalition à l'issue du scrutin, probablement à trois partis.

Le débat, diffusé à 20h15 (18H15 GMT) sur les chaînes privées ProSieben, Kabeleins et Sat1, offrira à Armin Laschet, 60 ans, une ultime chance de mettre en difficulté Olaf Scholz, 63 ans.

Et peut-être d'empêcher l'humiliante éjection dans l'opposition de son parti conservateur, qui se profile dans les sondages.

 

Profiter de Merkel

Réputé d'ordinaire pour sa modération, le dirigeant de la région allemande la plus peuplée - la Rhénanie du Nord-Westphalie - ne cesse d'agiter le spectre d'un coup de barre à gauche dans le pays en cas d'alliance entre le SPD, les Verts et la gauche radicale die Linke, qui semble à portée de main selon les sondages.

Si Olaf Scholz et Annalena Baerbock ont qualifié de ligne rouge, pour une alliance, l'opposition de Die Linke à l'Otan, aucun n'a formellement exclu une coalition avec ce parti qui recueille environ 6% des sondages actuellement.

Le conservateur a aussi attaqué de front Olaf Scholz, prenant comme motif une embarrassante enquête judiciaire mettant en cause une unité anti-blanchiment sous la tutelle de son ministère.

Ce dernier va devoir s'expliquer à ce sujet lundi devant la Commission des Finances du Bundestag.

Angela Merkel, qui quittera la scène politique après 16 ans au pouvoir et reste très populaire, s'est largement tenue à l'écart de la campagne au début avant de venir à la rescousse de M. Laschet. Elle multiplie les meetings à ses côtés.

"Cela devrait lui profiter", estime le politologue Karl-Rudolf Korte de l'université de Duisbourg, "comme tous ceux qui ces dernières années ont choisi la proximité avec Merkel", estime-t-il.

Mais quelle que soit l'issue du scrutin, son camp conservateur se prépare à un résultat historiquement bas, de nature à ternir le bilan d'Angela Merkel. Et déjà les règlements de compte en interne ont commencé: Wolfgang Schäuble l'a rendue en partie responsable de la faiblesse de la CDU, dans une interview dimanche au Tagesspiegel, pour avoir à ses yeux mal préparé sa succession.

 

AFP

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