16.09.21
06:44

Faut-il payer pour les personnes non-assurées ?

La Région wallonne va payer jusqu’à 80000 euros aux sinistrés des inondations qui n’avaient pas d’assurance. Et le débat fait rage entre les économistes : est-ce envoyer le bon signal que de dire : assurance ou pas, c’est l’Etat qui régale ?

Ça a quelque peu bougé sur le front des inondations avec la présentation par le gouvernement wallon hier après-midi d’une série de mesures pour les sinistrés de la mi-juillet. "Un geste d’humanité" a indiqué le ministre-président wallon Elio Di Rupo "pour ne pas heurter davantage des personnes qui ont été déjà très touchées".

Le coût évalué des inondations est de l’ordre de 2,3 à 3 milliards d’euros. Des montants ont déjà été trouvés via le plan de relance, la BEI ou des préfinancements des assureurs. 990 millions iront aux sinistrés assurés afin que la totalité de leurs coûts soient couverts (38% à charge des assureurs et 62% à charge de la Région).

Mais, la grande question posée était évidemment autour des biens et du mobilier pour lesquels les propriétaires n’avaient pas souscrit d’assurance. Là, le gouvernement a tranché : ils pourront toucher jusqu’à 50 % du montant des dégâts occasionnés avec un plafond de 80000 euros.

Une enveloppe de 10 000 euros pourra néanmoins encore être disponible si des travaux supplémentaires sont nécessaires.

Ils sont environ 4 000 foyers non assurés à avoir été touchés par les inondations cet été. C’est 10 % des habitations sinistrées.

Alors, il y a aussi une prime de 10 000 euros pour le mobilier non assuré et pour ceux qui résidaient dans des caravanes sans avoir souscrit d’assurance, l’indemnisation pourra plafonner à 20 000 euros.

Il y a également des clés de répartition qui ont été définies pour les véhicules détruits et dont les propriétaires n’avaient pas d’assurance omnium : ça va de maximum 15 000 euros pour une camionnette à 10 000 euros pour une voiture et 5 000 pour une moto et 2000 pour un vélo électrique. Ce sont des fourchettes maximum. On estime que 12 000 véhicules ont été détruits.

Il y a aussi des enveloppes qui ont été définies par rapport aux différentes communes touchées. Une indemnité est déterminée par rapport aux différents biens publics endommagés ou détruits, comme les voiries, les écoles, les crèches, etc.

Cette indemnité est de 100 % pour les 3 communes les plus impactées (Limbourg, Pepinster, Trooz), et puis cela va de 90 à 70 % selon la catégorie dans laquelle la commune est classée au niveau des dégâts.

Des enveloppes ont aussi été prévues pour les agriculteurs et propriétaires de domaines forestiers (cela peut aller jusqu’à 300 000 euros). 

Et puis àil faut noter aussi que le gouvernement wallon s’est accordé sur une prime de 2000 euros pour tout demandeur d’emploi qui s’engage dans une formation d’un métier de la construction, tant la main d’œuvre manque et va manquer dans les semaines, mois et années a venir.

Tout ceci amène un débat sur le bien-fondé d’indemniser ou pas les personnes non assurées.

Trois économistes au moins plongent dedans ce matin dans les colonnes du Soir et de La Libre.

Bruno Colmant estime que c’est la grandeur d’un Etat que de faire montre de solidarité, il faut donc indemniser tout le monde, là où un Etienne De Callatay et un Philippe Defeyt estiment qu’il faut d’abord regarder le patrimoine et le revenu des personnes non assurées avant de les indemniser pour éviter d’envoyer un mauvais message, en clair : plus besoin de prendre d’assurance, c’est l’Etat qui régale.

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