14.09.21
16:35

Vandenbroucke plaide pour un usage du pass sanitaire "intelligent" par Région dès le 1er octobre

Le ministre fédéral de Santé Frank Vandenbroucke a été interrogé ce mardi au parlement. Il a précisé aux députés la stratégie de la Belgique concernant la 3e dose de rappel et une future obligation vaccinale du personnel soignant. Au micro de Romuald La Morté, il évoque ces sujets ainsi que le prochain Comité de concertation de vendredi, où il plaidera pour un maintien de l'obligation du port du masque dans tout le pays.

 

A propos des mesures régionales

"Le pass sanitaire est un instrument très important pour sécuriser les libertés que l'on a acquises malgré le virus. Il y a un socle fédéral en ce qui concerne l'usage du pass sanitaire. Cette approche commune au niveau de toute la Belgique, concerne les événements publics. Jusqu'à fin septembre, pour des événements publics de plus de 200 personnes à l'intérieur ou plus de 400 personnes à l'extérieur, on peut organiser cela en demandant le pass sanitaire aux participants. Et en octobre, normalement, il y aura un certain assouplissement en ce qui concerne le seuil du nombre des participants pour les événements publics."

"On va rendre possible l'usage du pass sanitaire de façon différenciée dans les régions, dès début octobre. Il y a un accord de coopération qui est en train d'être modifié entre les entités fédérées et le pouvoir fédéral en ce qui concerne l'usage du pass. Ce sont les régions qui pourront décider en ce qui concerne l'usage du pass sanitaire, par exemple pour les visiteurs des maisons de repos, des hôpitaux, pour les discothèques, pour l'Horeca... Et comme vous le savez, la Région de Bruxelles-Capitale va décider d'utiliser le pass sanitaire, par exemple, dans d'autres contextes que seulement des événements publics. Et je crois personnellement que c'est une très bonne idée."

"Dès le 1er octobre, si l'accord de coopération rénové est accepté, ce sont les régions qui pourront décider en la matière. Ce n'est plus au niveau fédéral qu'on décidera de l'usage du pass corona, sauf en ce qui concerne les événements publics. Ca crée une certaine complexité, mais d'un autre côté, les situations sont différentes. Il est clair que, par exemple, à Bruxelles, on est dans une situation assez difficile, avec pas mal d'hospitalisations, avec une occupation des soins intensifs très marquée. Donc, à Bruxelles, on décide d'utiliser le pass sanitaire de façon plus expansive que, par exemple, en Flandre. Cela se comprend. Néanmoins, je crois qu'aussi en Flandre, un usage intelligent du pass sanitaire peut être extrêmement utile, par exemple dans la périphérie de Bruxelles."

"Mais si l'on regarde la carte, dans la province de Liège, il y a actuellement aussi pas mal d'hospitalisations et donc l'occupation des sections de soins intensifs dans les hôpitaux liégeois est assez importante et ça montre qu'il y a quand même, là aussi, un réel risque. Donc, en ce qui me concerne, je crois que tant le gouvernement flamand, que le gouvernement wallon et le gouvernement bruxellois, doivent réfléchir sur un bon usage du pass sanitaire. C'est vraiment un instrument qui peut sécuriser nos libertés et sécuriser la population."

 

A propos du Codeco de vendredi

"Je ne vais pas préjuger ces débats , mais en général, je crois qu'il faut quand même rester prudent. Prenons la ville d'Anvers. Là, on n'a pas atteint le seuil de 70% de la population générale vaccinée. Donc, on est loin du compte. Personnellement, dans les magasins et certainement dans les transports publics, je crois que le port du masque s'impose. Je crois qu'il faut maintenir une règle générale partout en Belgique, tant en Flandre qu'en Wallonie qu'à Bruxelles, dans les transports comme dans les magasins, et dans d'autres lieux où l'on se rencontre. Le port du masque est important."

"Est ce qu'il faut réfléchir sur le détail des mesures? Oui, certainement. Est ce qu'il y a peut être des simplifications, quelques assouplissements qui sont possibles? Oui, certainement. Mais en général, je crois que le port du masque reste quand même important. C'est à discuter, mais de nouveau, moi, je pars de l'idée que l'on n'est pas pas encore à la fin de la pandémie."

 

A propos de la troisième dose

"Il faut procéder sur base d'évidence scientifique, sur base de données probantes. Jusqu'ici, il n'y a pas d'évidence scientifique qui mène à la conclusion qu'il faut une troisième dose pour toute la population, même pas pour les personnes âgées. Ce qu'on est en train de réaliser pour, disons, 300, 400.000 personnes qui sont immunodéprimés, ce n'est pas vraiment un booster. C'est, disons, une vaccination supplémentaire qui est nécessaire pour ces gens là. Mais c'est un autre débat que les débats sur le booster généralisé. Là, il n'y a pas encore de données scientifiques probantes."

"Évidemment, on attend encore un avis du Conseil supérieur de la santé. Si les données probantes arrivent, il faut peut être commencer à organiser cette troisième dose. Mais à ce moment-ci, il n'y a pas encore ces données probantes. Et je suis d'accord avec ceux qui disent, par exemple au niveau de l'Organisation mondiale de la santé, qu'avec les données scientifiques dont on dispose, vacciner les populations du Tiers-Monde est prioritaire et plus importante qu'un booster d'une troisième dose chez nous."

 

A propos de la vaccination obligatoire du personnel soignant

"On attend l'avis du Conseil supérieur de la santé, du Conseil national du travail et du Comité pour le secteur public, du Conseil fédéral, des établissements hospitaliers et du Conseil supérieur de la prévention de la protection au travail. Pendant ce temps, toute une série d'avis, qui doivent être basés aussi sur la concertation sociale engageant les employeurs et les syndicats. C'est une question qu'il faut aussi penser en termes de concertation sociale et de relations sociales dans les établissements de soins. C'est pour cela que je ne me suis pas prononcé sur les détails. Le principe est clair, je crois que se faire vacciner est une norme évidente pour tout un chacun qui travaille dans les soins de santé. Et je m'imagine mal que d'ici quelques mois, il y ait encore du personnel soignant qui n'est pas vacciné."

 

 

 

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