14.09.21
08:03

Enseignement: le grand chaos

Des règles de quarantaine dépassées, des élèves, des enseignants et des parents qui ne savent plus a quel saint ni a quel centre PMS (psycho-médico-social) se vouer, quinze jours après la rentrée, c’est déjà le grand chaos scolaire. Le ministre flamand de l’enseignement demande d’ailleurs a sciansano de mettre de l’eau dans son vin et de penser aux enfants. Grosse Ambiance.

En sous titre de cette chronique, j’ai choisi « enseignement : le grand chaos », tant les règles covid/post covid sont devenues compliquées à suivre pour les enseignants, parents et a fortiori pour les élèves. Plus personne ne sait a quelle quarantaine se vouer, alors l’autonomie des pouvoirs organisateurs et des écoles, c’est bien mais la cohérence, c’est encore mieux…

Les élèves se retrouvent dans des situations ubuesque. C’est du vécu, avec des classes voire des demi classes suspendues, des élèves dans la nature, des parents qui ne savent pas s’ils doivent ou non garder les enfants à la maison, une pseudo organisation via des groupes WhatsApp, des enseignants et des directions d’écoles largués, des voyages scolaires qui ne peuvent pas s’effectuer et un retard d’apprentissage qui vient s’accumuler aux deux années scolaires déjà brinquebalantes qu’on vient de traverser.

 Pourtant, il y a bien des règles qui existent pour ces quarantaines scolaires. Elles ont été édictées et modifiées à la fin du mois d’août par Sciensano : recommandations pour le suivi des contacts et la quarantaine en cas de covid19 en crèche, à l’école maternelle et primaire. En gros, si on a un seul enfant positif, les camarades sont considérés comme cas contact a faible risque et donc on ne fait rien ou pas grand chose, les enfants de la classe ainsi que l'enseignant ne devront être testés que s'ils présentent des symptômes et ne devront pas être mis en quarantaine.

En revanche si on a des infections multiples (donc, deux…), on met l’entièreté de la classe en quarantaine. Enfin, c’est plus compliqué que cela: c’est le PMS qui décide ou non de placer la classe en quarantaine. Cela provoque des situations deux poids deux mesures où certains PMS dégainent des quarantaines plus rapidement que d’autres…C’est ce que reproche par exemple aujourd’hui le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts, il voit venir le problème et demande a Sciensano de revoir ses règles de quarantaine pour les classes, de les assouplir en considérant le fait que les enfants ne constituent pas un vecteur principal de la maladie.

"Beaucoup trop d’enfants sont en train de manquer l’école parce qu’on a un réflexe de prudence trop important", dit-il, "je comprends qu’on veuille être prudent mais aujourd’hui il s’agit de penser aux enfants".

On ne sait pas encore a ce stade si son homologue francophone Caroline désir l suit dans son raisonnement mais, en tout état de cause, il va falloir qu’elle se penche elle aussi rapidement sur le dossier. L'autre question est: que fait-on avec les élèves si un enseignant est testé positif? Dans ce cas de figure là, les enfants sont considérés comme des cas contact a haut risque et on met tout le monde préventivement en quarantaine – via le PMS – dit Sciensano. Mais attention, l’institut précise aussi que si on peut se permettre une analyse détaillée, on peut vérifier quels enfants ont été exposés durant une durée de 15 minutes à une distance inférieure a 1,5 mètres a l’enseignant infecté. Vous suivez ? Et la on fait le tri entre les uns et les autres. Bref, on y est pas encore.

Pour terminer, un mot sur le statut des étudiants francophones. En cette semaine de rentrée universitaire, on s’en voudrait d’oublier les plus grands également – eux aussi évidemment affectés par les règles de quarantaine-, mais La Libre de ce matin, relaye une étude de l’IWEPS qui pointe le fait qu’en 20 ans, les moyens et enveloppes se sont accrues de 10% dans l’enseignement fondamental alors qu’ils ont diminués de 15% dans le supérieur. Il y a une dégradation continue des moyens, alors soit on augmente les droits d’inscription – comme aux Pays Bas ou en Flandre. Soit on limite l’accès a l’enseignement supérieur et a l’université. Valérie Glatigny, la ministre, doit trancher. Allez, bonne rentrée.

 

Martin Buxant

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