13.09.21
14:07

Un spectacle de Jan Fabre annulé à Charleroi

Un spectacle de danse de la compagnie de l'artiste Jan Fabre, renvoyé en procès pour "attentat à la pudeur" et "harcèlement sexuel", a été annulé à Charleroi en raison de "pressions et invectives" contre cette programmation.

L'annonce, à huit jours de la première audience du procès à Anvers (nord), a été faite ce week-end conjointement par le conseil d'administration de la compagnie, Troubleyn, et le programmateur, le centre chorégraphique "Charleroi danse". Le spectacle était prévu le 30 octobre.

"La représentation de The Fluid Force of Love de Troubleyn/Jan Fabre programmée dans le cadre de la Biennale de Charleroi danse est annulée", indique un communiqué transmis lundi à l'AFP. "Compte tenu du contexte actuel, des pressions et des invectives qui ont entouré cette programmation, Charleroi danse et Troubleyn considèrent qu’il est dans l’intérêt général de ne pas exposer leurs équipes à des violences potentielles", précisent les deux parties. "Les conditions d’un environnement sain et protégé ne sont pas réunies pour les équipes du festival et les performeurs de Troubleyn", ajoutent-elles, en soulignant que la compagnie sera dédommagée et ses artistes rémunérés.

A l'issue de trois ans d'enquête, l'artiste belge Jan Fabre, sculpteur, chorégraphe et metteur en scène de théâtre, a été renvoyé fin juin devant la justice à Anvers pour "attentat à la pudeur" et "harcèlement sexuel". Les accusations datent de septembre 2018, dans le sillage de la campagne #metoo. Une vingtaine d'anciens collaborateurs de sa compagnie Troubleyn s'étaient alors plaints dans une lettre ouverte d'avoir subi pressions psychologiques, "humiliations" et même chantage à caractère sexuel.

L'artiste, âgé de 62 ans, est cité à comparaître pour "violence" et "harcèlement sexuel au travail" à l'égard de "douze employés", ainsi que pour un "attentat à la pudeur", selon l'Auditorat du travail d'Anvers, section du parquet spécialisée dans les conflits du travail.

Une première audience procédurale est prévue devant le tribunal correctionnel le 21 septembre. Elle vise à fixer un calendrier d'échanges de conclusions entre les parties et les dates des plaidoiries.

Autre conséquence du procès à venir : un musée anversois a dû justifier dimanche le retrait récent d'une sculpture de Jan Fabre qu'il exposait depuis vingt ans. La sculpture, retirée à l'occasion de travaux de rénovation, ne sera pas réinstallée, mais voir dans ce geste une censure ne correspond pas à la réalité, a affirmé le musée, De Singel, dans un communiqué, en parlant d'un "besoin d'innovation".

L'institution a regretté d'avoir été mêlée "involontairement à une tempête médiatique" due à "l'échauffement des esprits" autour de Jan Fabre.

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