08.09.21
12:00

Les Etats-Unis vont consulter leurs alliés suite à l'annonce du gouvernement taliban

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'entretiendra mercredi en Allemagne avec ses partenaires de vingt pays secoués par le retrait d'Afghanistan, après l'annonce du nouveau gouvernement des talibans.

Le chef de la diplomatie américaine a quitté le Qatar, le plus grand centre de transit du pont aérien en provenance d'Afghanistan, et il est attendu à la mi-journée sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, un autre centre par où transitent plusieurs milliers d'évacués, a-t-on appris auprès du département d'Etat.

M. Blinken rencontrera à Ramstein le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, avec lequel il dirigera une réunion virtuelle des ministres de 20 pays pour examiner la voie à suivre en Afghanistan.

Les Etats-Unis chercheront probablement, par le biais de cette réunion, à renforcer les appels internationaux lancés aux talibans pour qu'ils respectent leur engagement de laisser les Afghans partir librement s'ils le souhaitent. 

Les discussions pourraient également permettre de coordonner la manière de traiter le gouvernement intérimaire présenté mardi, qui ne compte aucune femme ni aucun membre non taliban et dont le ministre de l'Intérieur est recherché par les Etats-Unis pour des accusations de terrorisme. 

"Nous voulons procéder conjointement et de manière coordonnée à la prochaine phase, notamment en ce qui concerne les relations avec les nouveaux dirigeants de Kaboul", a confirmé mercredi matin M. Maas dans un communiqué.

"Nous voulons clarifier ce à quoi peut ressembler une approche commune à l'égard des talibans qui serve également nos intérêts: le respect des droits fondamentaux de l'homme, le maintien des voies de sortie (du pays) et de l'accès humanitaire, et la lutte contre les groupes terroristes tels qu'Al-Qaïda et le groupe Etat islamique", détaille-t-il.  

Les Etats-Unis ont déclaré qu'ils étaient "préoccupés" par la composition du gouvernement, mais qu'ils le jugeraient en fonction de ses actions. Les responsables américains soulignent que toute reconnaissance officielle d'un gouvernement taliban est loin d'être acquise. 

Revenus au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition menée par les Etats-Unis, les islamistes sont attendus au tournant par la communauté internationale. Ils se sont aussi engagés à respecter les droits des femmes, bafoués lors de leur premier passage au pouvoir, des promesses qui peinent à convaincre.

Au cours de la réunion, M. Maas entend aussi mettre l'accent sur la "crise humanitaire", à laquelle est confrontée l'Afghanistan, victime de "pénuries alimentaires dues à la sécheresse" et de l'arrêt de "versements de l'aide internationale dont dépendent de nombreuses personnes" ont été arrêtés.

"Nous sommes prêts à fournir une aide humanitaire par l'intermédiaire des Nations unies, et nous continuerons à discuter avec les talibans, ne serait-ce que pour permettre aux personnes dont nous sommes responsables de quitter le pays", prévient le ministre, ajoutant cependant que "tout engagement ultérieur dépendrait du comportement des talibans".

"L'annonce d'un gouvernement de transition sans la participation d'autres groupes et les violences contre les manifestants et les journalistes à Kaboul ne sont pas des signaux permettant d'être optimiste à ce sujet", déplore M. Maas. 

Partager cet article

Partager cet article