03.09.21
09:13

Pensions: Lalieux met la barre à gauche

La socialiste Karine Lalieux propose d’autoriser la pension anticipée à partir de 60 ans et met un critère d’accès de 10 ans de carrière pour accéder a la pension minimum. Pas certain que l’aile droite de la Vivaldi avale tout cela facilement… Explications avec Martin Buxant dans La Matinale.

C’est LE sujet du jour: la proposition de réforme des pensions de Karine Lalieux. Une proposition qui n’est pas encore adoptée. Elle est mise sur la table du conseil des ministres aujourd’hui pour être débattue et possiblement amendée… Un ministre de haut rang au sein de la Vivaldi nous rappelait hier que le gouvernement entendait d’abord régler le budget avant d’acter une réforme des pensions. On en est donc seulement à la ligne de départ d’un marathon qui risque de prendre quelques mois…

 

Que peut on pointer dans la proposition de départ?  On a 2,2 millions de pensionnés aujourd’hui en Belgique, c’est dire si le sujet est concernant.

 

  • On ne touche pas a l’âge de la retraite, qui va donc bien passer de 65 à 66 ans en 2025, et à 67 ans en 2030.

 

  • En revanche, les travailleurs devraient pouvoir prendre une pension anticipée à partir de 60 ans et à condition de disposer de 42 ans de carrière. Il faut donc avoir commencé à travailler à 18 ans pour pouvoir prendre cette retraite anticipée. Ce sont donc des gens n’ayant pas fait d’études supérieures et qui majoritairement se retrouvent ensuite dans des métiers dit lourds ou pénibles. Actuellement, il faut 44 ans de carrière pour pouvoir prendre une retraite anticipée. On a donc un gain de deux ans.

 

  • Karine Lalieux propose ce qu’elle appelle un bonus pension. C’est un nouveau monstre du Loch Ness puisque l’idée remonte à la fin des années 1990: on avait mis en œuvre ce bonus pension pour celles et ceux qui choisissaient de rester plus longtemps au travail. On a supprimé ce système en 2015 et Karine Lalieux envisage donc de le réinstaurer. Concrètement, c’est quoi ? C’est deux euros bruts supplémentaires par jour pour chaque travailleur : la socialiste pense que cela va aider a maintenir les gens au travail.

 

  • Il y a également la pension à temps partiel, soit à mi-temps soit à 1/5e temps, un autre outil devant permettre de garder les gens plus longtemps au travail et compatible avec le bonus pensions.

 

  • Et puis, il y a la fameuse pension minimum à 1500 euros. C’était le cheval de bataille des socialistes, ils l’ont obtenue, ça on le savait. Restait à définir les conditions d’accès, d’octroi, à cette pension minimum qui – rappel – concerne 685.000 personnes.

 

  • Lalieux propose de valoriser les années de travail des temps partiel – souvent des femmes – en vue de leur faciliter l’accès a la pension minimum et puis – et c’est là que les Romains s’empoignent – elle propose une condition de 10 années de travail effectif pour pouvoir bénéficier de ladite pension. Ca va frictionner avec les libéraux qui eux veulent 20 ans de carrière.  Allez, on prend les paris, ils vont atterrir sur un compromis à 15 ans de carrière effective d’ici quelques semaines.

 

  • Pour le moyen terme: la réforme du comité national des pensions qui doit plancher sur l’amélioration du taux de remplacement – en gros le différentiel entre votre dernier salaire et le montant de votre pension. Enfin, pour tout ce qui concerne les pensions complémentaires, on a en principe une pause fiscale jusqu’en 2023.

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