21.08.21
15:59

Bruxelles veut que les États membres acceptent des réfugiés afghans

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a exhorté samedi tous les pays, en premier lieu les pays européens, à accueillir une partie des réfugiés afghans exfiltrés de Kaboul et a assuré les Etats membres de l'UE qui le feront du soutien financier de l'Europe.

"J'appelle tous les Etats qui ont participé aux missions en Afghanistan, les Européens et les autres, à accorder des quotas d'accueil suffisants (...) pour que collectivement, nous puissions venir en aide à ceux qui ont besoin de protection", a déclaré Ursula von der Leyen au terme d'une visite en Espagne dans le centre d'accueil pour les employés afghans de l'UE à Kaboul.

"La Commission est prête à envisager les moyens budgétaires nécessaires pour soutenir les Etats-membres de l'UE qui se proposeront pour aider des réfugiés à s'installer sur leur territoire",

a-t-elle poursuivi lors d'une conférence de presse sur la base militaire de Torrejón de Ardoz (nord-est de Madrid), où ce centre d'accueil a été installé.

On ignore à ce jour combien de pays membres de l'UE se sont engagés à accueillir sur leur sol des réfugiés afghans et si certains gouvernements ont refusé.

 

L'immigration, une question difficile ?

Accompagnés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, Mme von der Leyen et le président du Conseil européen, Charles Michel, avaient auparavant visité les installations mises à la disposition des réfugiés sur cette base, où doivent transiter tous les Afghans qui travaillaient à Kaboul pour les institutions de l'UE et leurs familles avant d'être répartis ensuite dans différents pays pour y refaire leur vie.

Dans une allusion au caractère très sensible de ce sujet dans l'Europe des 27, M. Michel a, pour sa part, admis que l'immigration constituait "une question difficile dans l'Union européenne" et a plaidé pour la mise en place de "migrations régulières, ordonnées".

Interrogée sur les relations entre l'UE et les talibans, qui contrôlent maintenant la plus grande partie de l'Afghanistan, la présidente de la Commission européenne a, par ailleurs, insisté sur le fait que, s'il y avait bien "des contacts opérationnels" avec eux sur le terrain pour "sauver des vies", il n'y avait "aucun dialogue politique" avec ce mouvement et donc "aucune reconnaissance des talibans".

Pour sa part, le Premier ministre espagnol a indiqué qu'un certain nombre d'Afghans arrivés ces derniers jours dans ce centre de Torrejón de Ardoz, d'une capacité d'accueil de "800 personnes", étaient déjà repartis vers d'autres pays, notamment "le Danemak et certains dans des pays baltes", mais sans fournir de chiffres précis.

Il a également annoncé que deux nouveaux avions arriveraient samedi en Espagne, l'un à 18H00 (16H00 GMT) et l'autre à 21H00 (19H00 GMT), avec dans le premier des employés afghans de l'UE et leurs familles et, dans le second, des personnes ayant travaillé pour l'Espagne, ainsi que "quelques Américains".

Depuis une semaine, les pays occidentaux s'efforcent d'évacuer de Kaboul, par l'aéroport de la capitale afghane tenu par les forces américaines, leurs ressortissants, mais aussi des milliers d'Aghans qui veulent fuir un pays désormais aux mains des talibans.

 

AFP

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