17.08.21
16:44

Sur la Côte d'Azur, la partie est loin d'être gagnée contre un violent incendie

Des milliers de personnes évacuées, un ballet ininterrompu d'avions bombardiers d'eau: mardi, les pompiers luttaient pied à pied contre le violent incendie qui ravage l'arrière-pays de Saint-Tropez (Var) et "la partie est loin d'être gagnée" selon eux.

Relativement épargnée par les feux qui ont récemment fait rage dans plusieurs pays méditerranéens, de la Turquie au Maroc en passant par la Grèce, la France connaît son plus important incendie de l'été.

"Nous en sommes désormais à au moins 5.000 hectares parcourus. Il y a plein de reprises de feu dans tous les sens, la partie est loin d’être gagnée. Le vent s’est relevé, a un peu tourné, et le feu commence à toucher des zones pas encore impactées",

a indiqué à l'AFP le capitaine des pompiers du Var Olivier Pecot. Il était trop tôt mardi, selon les pompiers, pour évaluer la surface brûlée.

Au lieu dit les Seillons sur la commune de Gonfaron, à quelques mètres du lieu où a démarré l'incendie lundi, la pression ne retombait pas et sept Canadairs multiplient les largages d'eau sur la forêt et la garrigue.

Après avoir évacué sa maison à la demande de la gendarmerie dans la nuit, Nathalie Gecele l'a retrouvée intacte mardi, mais n'est pas rassurée, le bruyant hélicoptère de la sécurité civile tournoyant toujours au-dessus d'elle. 

"J'ai eu très peur de perdre ma maison et mon fils qui a insisté pour rester sur place",

explique la quinquagénaire. "Je pensais que la maison allait brûler tellement les flammes se rapprochaient."

Un pompier volontaire de Gonfaron se désole: "C'est ma forêt qui brûle". "Il faut aller vite, c'est une course contre la montre. Ca part de partout, il faut courir à gauche à droite", souffle-t-il alors que de nombreux feux dégageant de larges panaches de fumée semblent repartir dans les montagnes alentour.

 

"Les prochaines heures sont décisives"

Les prochaines heures sont absolument décisives" pour fixer le vaste incendie qui fait rage dans l'arrière-pays de Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur, a estimé mardi le président français Emmanuel Macron, des milliers de personnes évacuées s'apprêtant à passer une nouvelle nuit dans des structures d'accueil.

"La bataille continue, le feu n'est pas encore fixé, stabilisé", a ajouté le chef de l'Etat, en visite auprès des secours engagés contre le plus gros incendie de l'année en France.

Le chef de l'Etat a salué le "courage" des centaines de pompiers, forces de secours et élus locaux engagés dans la bataille contre les flammes. "Le pire a été évité", l'incendie n'ayant fait aucune victime à ce stade malgré sa rapidité et sa virulence, a-t-il souligné lors de sa visite au poste de commandement des opérations dans le village du Luc (Var).

 

Aucune victime 

Sur la route qui traverse le massif des Maures, une zone de forêt et de garrigue prisée des touristes, des lignes électriques sont au sol, des poteaux sont calcinés et la vigne a brûlé par endroits, a constaté une équipe de l'AFP.

"Des milliers de personnes ont été évacuées à titre préventif, mais il n'y a aucune victime",

a précisé mardi matin à l'AFP une porte-parole des pompiers du Var. Six campings en tout ont été évacués, ont précisé à l'AFP les gendarmes, qui ont déployé 120 personnels sur la zone. Une dizaine d'habitations ont été "détruites" par les flammes selon la même source.

A Bormes-les-Mimosas, près de 1.300 personnes, en majorité des vacanciers d'un camping voisin, ont été accueillies dans un gymnase de ce village proche du fort de Brégançon, la résidence d'été du président Emmanuel Macron qui se rendra dans l'après-midi au PC de commandement des pompiers avec le ministre de l'Intérieur. 

"On a été évacué en 30 minutes. Vraiment super bien, synchronisé, pas de panique. Tout le monde était calme. Bravo à toute l'équipe parce que vraiment, ils ont fait ce qu'il fallait pour nous évacuer",

a témoigné auprès de l'AFP Sylvie Defrancheschi, touriste de Haute-Savoie évacuée avec ses deux enfants.

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D'autres ont cependant passé une nuit difficile, après avoir préféré fuir face aux flammes, comme trois familles parties précipitamment lundi soir de leur camping de la Môle, dans l'arrière-pays de Cavalaire-sur-Mer: "On a d'abord commencé par sentir la fumée, vers 19H00, puis on a vu les flammes sur la colline. Quand on a vu ça, on a décidé de partir", explique Cindy Thinesse, interrogée par l'AFP à Cogolin.

 

Dégâts sur l'environnement 

Environ 900 pompiers sont toujours mobilisés.

Les dégâts sur l'environnement sont importants: "La réserve naturelle de la plaine des Maures a été dévastée pour moitié. C'est une catastrophe, car c'est l'un des derniers spots abritant la tortue d’Hermann", une espèce protégée, a expliqué à l'AFP Concha Agero, directrice adjointe de l'Office français de la biodiversité, en espérant que ces animaux auront pu s'enfouir sous terre pour se protéger. Les reptiles eux ont moins de possibilités de se protéger.

"On a vu les lapins, les lièvres s'enfuir et j'ai remis une tortue Hermann à l'eau dans la rivière pour essayer de la sauver",

raconte Marie-Françoise Laure, une habitante de Gonfaron.

L'année dernière, un incendie avait brûlé 1.000 hectares dans une zone touristique à Martigues, à l'ouest de Marseille, causant l'évacuation de près de 3.000 vacanciers.

Selon la base de données Prométhée, environ 2.340 hectares ont brûlé en région méditerranéenne (quatre régions concernées) en France en 2021, contre 7.698 en 2020. 

 

AFP

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