17.08.21
17:02

L'Otan impute le retour des talibans à l'échec des autorités afghanes

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a imputé mardi la prise de pouvoir des talibans à "l'échec des autorités afghanes" et a défendu l'engagement de l'Alliance, tout en reconnaissant que des "leçons" devraient être tirées.

Les forces de l'Otan ont été surprises par "l'effondrement politique et militaire des dernières semaines, avec une rapidité qui n'avait pas été anticipée", a observé le responsable norvégien lors d'une conférence de presse.

"Les autorités politiques afghanes ont échoué à s'opposer aux talibans et à parvenir à la solution pacifique que les Afghans réclamaient désespérement. C'est l'échec des autorités afghanes qui a conduit à la tragédie que nous voyons aujourd'hui",

a-t-il insisté.

Dans l'immédiat, l'Otan s'efforce de "garantir la sécurité" de son personnel civil et employés afghans sur place, "travaillant sans relâche pour maintenir ses opérations à l'aéroport de Kaboul", a précisé M. Stoltenberg, dans la foulée d'une réunion des ambassadeurs des Etats de l'Alliance.

"Environ 800 civils travaillant pour l'Otan sont restés pour assurer des fonctions cruciales dans des circonstances très compliquées, y compris le trafic aérien, la gestion des carburants et communications",

a-t-il ajouté.

Le représentant civil de l'Otan, l'ambassadeur Stefano Pontecorvo, restera à l'aéroport pour "coordonner et faciliter" les évacuations.

D'après un responsable de l'Otan, un millier d'employés afghans et membres de leurs familles devraient être évacués depuis Kaboul. La plupart seront transportés vers un pays tiers où ils recevront un visa pour rejoindre un Etat membre de l'alliance.

Après les scènes de chaos de lundi, qui avaient entraîné une suspension des vols, "les opérations à l'aéroport de Kaboul reprennent graduellement, et à la réunion de mardi, les (membres de l'Alliance) ont annoncé l'envoi d'avions supplémentaires" pour les évacuations, a précisé Jens Stoltenberg.

"Les talibans doivent respecter et faciliter le départ en sécurité de ceux qui désirent quitter l'aéroport, et les routes et frontières doivent demeurer ouvertes",

a-t-il averti.

 

"Progrès durs à effacer"

La prise de pouvoir des talibans intervient alors que les Etats-Unis et l'Otan ont entamé début mai le retrait de leurs 9.500 soldats, dont 2.500 militaires américains, encore présents à cette date en Afghanistan.

"Il faut que nous ayons une évaluation honnête et lucide. Malgré des investissements et sacrifices considérables de notre part pendant deux décennies, l'effondrement a été rapide et soudain. On peut en tirer de nombreuses leçons",

a reconnu Jens Stoltenberg.

"La question, c'est pourquoi les forces (afghanes) que nous avons entraînées, équipées et soutenues durant de longues années se sont avérées incapables de tenir tête aux talibans",

a observé le chef de l'Otan.

Tout en ajoutant: "J'ai aussi la responsabilité de rappeler que cela n'a jamais été notre intention de rester indéfiniment en Afghanistan. Le plan était de construire un gouvernement et une armée afghane destinés à prendre les rênes".

Face à la question chargée d'émotion d'une journaliste afghane, Jens Stoltenberg a fait valoir "les progrès enregistrés" depuis le début de l'intervention occidentale.

"Il n'y a pas eu en deux décennies d'attaques terroristes organisées depuis l'Afghanistan sur le sol de pays de l'Alliance. Ceux qui prennent le pouvoir aujourd'hui ont la responsabilité de s'assurer que des terroristes internationaux ne s'y installent pas à nouveau",

a-t-il noté.

Par ailleurs, "une nouvelle génération d'hommes et de femmes ont grandi, s'éduquant, prenant part à la politique, gérant leurs entreprises (...) Nous avons des voix politiques plus indépendantes, plus fortes, en Afghanistan", a répété le chef de l'Otan.

"Il ne sera pas si facile pour les nouveaux dirigeants d'effacer ces progrès", veut-il croire. "Nous les tiendrons comptables de la garantie des droits humains fondamentaux, y compris les droits des femmes".

 

AFP

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