09.08.21
15:56

Carnets de JO#11 - Elise Vanderelst: "Il y a plus de positif que de négatif"

Tokyo! 5 années durant, ils en ont rêvé. Maintenant, ils sont prêts à en découdre. Depuis le Japon, le Red Lion John-John Dohmen, la judokate Charline Van Snick et l’athlète Elise Vanderelst nous confient leur quotidien lors de ces Jeux olympiques.

Pour ce dernier carnet de JO, Elise Vanderelst revient sur sa première expérience olympique après son retour en Belgique.

Elise Vanderelst, quel est votre bilan de cette première aventure olympique ?

Mon objectif principal a été rempli. C’était d’atteindre la demi-finale. Je l’ai fait. Mon expérience s’est très bien déroulée, même si ces Jeux étaient particuliers vu le contexte sanitaire. En vue de Paris, je vais pouvoir bâtir quelque chose grâce à mon expérience à Tokyo. Ce sera sûrement encore plus chouette dans 3 ans, sans les mesures.
 

Qu’avez-vous appris ?

C’est compliqué de le dire déjà maintenant. Je dois encore analyser ma course avec mon entraineur. Je dois regarder ce qu’il s’est passé. Je pourrai en ressortir beaucoup. Cette analyse-là va me permettre de construire le futur.

 


Il y avait un peu déception dans vos interviews d’après course...

Il y a une petite déception dans la mesure où certaines filles ont réalisé la course de leur vie. Moi pas. J’aurais aimé pouvoir réaliser mon record et accéder à la finale. Avec un peu de recul, je me dis que l’on ne peut pas faire son record personnel à chaque course. L’objectif principal et annoncé était la demi-finale. Sur le moment-même, j’étais déçue. Certaines filles que j’avais déjà battues m’ont battue à Tokyo. Je me suis dit : "Mince, pourquoi elles et pas moi ?". A chaud, j’ai vu ce qui était négatif. Mais avec du recul, il y a beaucoup plus de positif que de négatif.
 

 

"Vivre de vrais Jeux à Paris"

 

Vous ne vous attendiez pas à un niveau aussi élevé ?

Non. Je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi vite. Lors des séries, notamment. J’ai été impressionnée par la vitesse. C’était inattendu pour moi. En demi-finale, je savais ça courrait vite.
 

L’aventure sportive est réussie. Qu’en est-il de l’aventure humaine ?

C’était évidemment particulier. Au village, tout le monde était masqué. Les gens n’osaient pas entrer en interaction les uns avec les autres pour ne pas attraper le Covid-19. Même quand on mangeait, nous avions des plexiglas entre nous. Cela mettait une barrière entre les personnes. Au niveau de l’expérience humaine, on peut faire mieux. Quand un athlète était éliminé, il devait rentrer très peu de temps après. On ne formait donc pas vraiment un groupe. On ne pouvait plus se voir après. On se retrouvait alors tout seul.
 

Cela donne donc encore plus envie d’être à Paris en 2024

Exactement. Cela donne envie. Tant pour l’expérience sportive que pour l’expérience humaine. Vivre des vrais Jeux olympiques !
 

Après sa médaille d’or, Nafissatou Thiam a fait part de la lourde charge mentale que représente la préparation en vue des Jeux. Vous ressentez la même chose ?

Oui. Après ma compétition, j’ai aussi eu une décharge émotionnelle. Avant la compétition, j’étais en lutte. Je me disais que je devais rester en forme, être au top. Une fois la course terminée, j’ai eu un relâchement. Je me suis dit : "Maintenant, je peux être fatiguée, ne pas être en forme." C’est aussi difficile de se remotiver après les Jeux, qui est un objectif tellement énorme. J’ai la chance d’avoir encore le Mémorial Van Damme début septembre. Cela me permet de garder de la motivation pour continuer de me faire mal lors des entrainements.

 

Un retour au restaurant en famille

Avez-vous eu un petit pincement au cœur en quittant Tokyo ?

Pas spécialement. J’était contente de rentrer. L’aventure est finie. J’ai pu en profiter après ma compétition. J’ai senti que c’était le moment de rentrer. Cela faisait déjà 3 semaines que j’étais au Japon. Ça commençait à devenir long. J’avais hâte de retrouver mes proches. J’ai quand même un peu profité au village olympique avec mon entraineur. Le lendemain, j’ai fait quelques activités avec Ismaël (ndlr : Debjani). On est allés à la boutique pour acheter des souvenirs pour nos proches.
 

Qu’avez-vous fait en rentrant en Belgique ?

J’ai retrouvé ma famille. C’était l’anniversaire de ma petite sœur. Ma maman m’a demandé si j’étais d’accord d’aller au restaurant avec eux malgré la fatigue. J’ai accepté. Cela aurait été dommage de passer à-côté de beaux moments en famille. On est allé au restaurant. Aujourd’hui, je fais une journée cool. Je me détends. Je suis juste allée faire un petit footing. Demain, je reprendrai l’entrainement.
 

Vous continuez l’entrainement ?

L’envie de partir en vacances est là. Mais, si je veux continuer à progresser, il est important que je travaille tant que je peux avoir de belles compétitions. Ce serait dommage de couper maintenant alors que j’ai l’opportunité de continuer à progresser. Je vais évidemment dans un premier temps reprendre plus légèrement. Avant de monter en intensité. Après le Mémorial Van Damme, je couperai pour me reposer tant physiquement que mentalement.

 

Pol Loncin

Partager cet article

En lien avec l'article