22.07
11:21

L'Iran inaugure un nouveau terminal pour exporter son pétrole en contournant le Golfe

L'Iran a annoncé jeudi l'inauguration d'un nouveau terminal pétrolier pour exporter son brut à partir d'un port sur la mer d'Oman et non plus juste à partir du Golfe, lors d'une cérémonie retransmise par la télévision d'Etat.

"Démarrez l'exploitation de l’oléoduc de transfert de pétrole brut de Goreh (sud-ouest) à Jask (sud-est) d'une longueur de mille kilomètres et l'exploitation du terminal d'exportation de la région de Makran" dans le port de Jask, a déclaré le président iranien, Hassan Rohani, dans un discours retransmis à la télévision.

Cet oléoduc doit permettre à la République islamique d'exporter du pétrole à partir de Jask, sur le golfe d'Oman, ce qui permet aux navires-citernes de gagner quelques jours de navigation par rapport au port pétrolier de Kharg, dans le Golfe, et d'éviter le détroit d'Ormuz, au coeur de vives tensions stratégiques entre l'Iran et les Etats-Unis, dont les navires de guerre sont présents en force dans la région.

Le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe à la mer d'Oman, est une voie maritime par laquelle transite une grande partie du pétrole mondial. Ce détroit reste la voie de navigation quasi exclusive reliant les producteurs d'hydrocarbures du Moyen-Orient aux marchés d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord.

"Aujourd'hui est un grand jour historique pour la nation iranienne", a déclaré M. Rohani en expliquant que "nos exportations de pétrole seraient coupées" en cas de "problème" avant l'ouverture de ce nouveau terminal. "L'industrie pétrolière est très importante pour nous, et elle est également importante pour l'ennemi, qui a imposé des sanctions sur le pétrole", a indiqué M. Rohani, faisant allusion aux sanctions punitives des Etats-Unis contre Téhéran.

L'Iran et les Etats-Unis se sont trouvés au bord de la guerre par deux fois depuis juin 2019 sur fond de tensions dans le Golfe et autour de l'accord international de Vienne sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Mais en dénonçant unilatéralement ce pacte en mai 2018, le président d'alors, Donald Trump, a rétabli les sanctions américaines que l'accord avait permis de lever, ce qui a plongé le pays dans une violente récession.

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