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Douze étudiants inculpés pour lèse-majesté en Thaïlande

Douze étudiants thaïlandais ont été inculpés jeudi pour lèse-majesté et sédition après avoir participé l'année dernière à un rassemblement pro-démocratie à Bangkok réclamant une réforme de la monarchie, une institution intouchable dans le pays.

"L'accusé le plus jeune a 20 ans", a indiqué l'ONG Thai Lawyers for Human Rights (TLHR), ajoutant qu'ils ont été libérés sous caution. Un treizième contestataire, accusé des même faits, doit se présenter vendredi devant la justice en vue de son inculpation. 

Ils risquent de longues années de détention, le redoutable article 112 sur le lèse-majesté prévoyant à lui seul des peines de trois à quinze ans de prison pour toute personne reconnue coupable de diffamation envers le roi et sa famille. Des manifestations de grande ampleur ont éclaté à partir de juillet 2020 en Thaïlande pour réclamer une refonte en profondeur de la monarchie et notamment l'abolition de l'article 112, un outil pour étouffer toute contestation politique selon ses détracteurs.

Le 26 octobre 2020, à l'apogée du mouvement, des milliers de contestataires s'étaient réunis devant l'ambassade d'Allemagne, en signe de défi au roi qui a longtemps séjourné en Bavière. Une déclaration avait été lue demandant à Berlin d'ouvrir une enquête sur les activités du monarque en Allemagne.

Les Verts allemands ont condamné  dans un communiqué "la répression draconienne contre les manifestants pacifiques, y compris les accusations motivées par des raisons politiques", demandant à ce que les étudiants bénéficient d'un "procès équitable". Depuis novembre 2020, selon TLHR, plus de 100 protestataires ont été inculpés en vertu de l'article 112 qui n'avait plus été utilisé depuis 2018.

Les contestataires demandent également une refonte de la constitution et la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, un général qui s'est emparé du pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 2014 et qui a été légitimé par des élections controversées cinq ans plus tard.

Le mouvement s'est affaibli depuis le début de l'année. En cause: les restrictions sanitaires mises en place face à l'épidémie de coronavirus et la répression judiciaire systématique à l'encontre des dirigeants du mouvement. Un rassemblement a toutefois eu lieu le 18 juillet pour dénoncer la mauvaise gestion de la crise sanitaire par les autorités. Le royaume fait face à une flambée épidémique sans précédent et la vaccination progresse très lentement.

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