08.07.21
15:41

De Croo sur les propos d'Ihsane Haouach: "Cela ne peut pas se répéter"

Le Premier ministre Alexander De Croo a pris la parole ce jeudi pour répondre aux interpellations des députés sur les propos de la commissaire au gouvernement auprès de l'Institut de l'Egalité des Chances Ihsane Haouach dans le journal Le Soir. 

Mme Haouach y a défendu sa conception de la neutralité en précisant que le principe de la séparation de l’Église et de l’État pouvait être "décliné" par rapport au changement démographique.

"La discussion n’est pas : est-ce qu’on remet en cause la séparation de l’Église et de l’État?, c’est : comment la décline-t-on avec un changement démographique?", avait-elle dit. 

"La séparation entre Eglise et Etat est un principe fondamental", a déclaré Alexander De Croo. Ce qui nous lie dans notre pays, c'est la citoyenneté inscrite dans la Constitution. C'est un pacte social auquel doivent adhérer tous les Belges: égalité hommes-femmes, égalité des cultes et séparation Eglise-Etat. Dans notre pays, vous avez le droit d'exercer votre religion comme vous le souhaitez mais les prescriptions religieuses ne peuvent jamais l'emporter sur la loi. Le gouvernement se distancie de toute suggestion de remettre en cause ce principe et se distancie de tout relativisme."

"Les droits fondamentaux sont sous pression. Pas que pour les religions, mais aussi pour les droits en matière de liberté sexuelle. Ces droits sont tout aussi importants, il n’y a pas de catalogue. La tâche de la commissaire repose dans le code de déontologie des mandataires publics. L’impartialité du commissaire doit être une ligne rouge. Ce qui s'est passé le week-end dernier ne doit pas se répéter. Il ne doit plus y avoir de marge ou de controverse dans ce domaine. Le gouvernement n'acceptera pas que l'impartialité soit bafouée."

Egalement interrogée à la Chambre, la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, Sarah Schlitz a déclaré qu'il n'y avait jamais eu de remise en question de ce principe de séparation par Ihsane Haouach. "Il n'y a pas de doute là-dessus. Elle a un CV en béton, on ne peut pas remettre en cause son travail et elle l'a prouvé lors des premières réunions de son mandat. La citation dans la presse est maladroite mais elle a tiré les choses au clair et ne fera plus de déclaration publiques. Je comprends qu'elle ait réagi après les insultes et nombreuses attaques. Je continuerai à défendre les droits de chaque femme indépendamment de ce qu'elle veut ou non porter."

 

Mercredi, Ihsane Haouach s'était expliquée vis-à-vis de ses propos. "Je n'ai jamais voulu remettre en question le principe de la séparation des Églises et de l'État ni l'application de ce principe, un fondement de notre démocratie, au même titre que la liberté de conscience, l'égalité des citoyens devant la loi et la neutralité de l'État", a-t-elle commenté sur son profil Facebook. 

Les partis d’opposition N-VA et cDH avaient réclamé mardi l’audition à la Chambre de la commissaire du gouvernement auprès de l’Institut de l’égalité entre les femmes et les hommes afin de clarifier les propos tenus ce week-end.
Le MR (majorité) et DéFI (opposition) les ont eux également dénoncés.  Georges-Louis Bouchez, président du MR qui avait déjà réagi à la nomination d'Ihsane Haouach en plein débat autour du voile, qualifiait les propos dans le journal "Le Soir" "d’extrêmement dangereux". Quant à Darya Safai, députée de la NVA, elle souhaitait l’audition de Mme Haouach en commission de l’Égalité des chances de la Chambre.

Selon Georges Dallemagne, député cdH, la commissaire fédérale contredit la Cour constitutionnelle, "qui a dit qu’il n’y avait aucun problème à ne pas accepter le voile dans des hautes écoles". Il réclamait une audition à la Chambre, de même que pour la secrétaire d’État à l’Égalité des chances, Sarah Schlitz (Ecolo).

 

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