11.06
05:58

Le retour des visites domiciliaires 

Grand oral du secrétaire d’Etat à l’asile qui, ce vendredi, veut faire avaliser une séries de mesures polémiques au gouvernement : le retour des visites domiciliaires ainsi que des tests anti-covid forcés pour les demandeurs d’asile déboutés. Politiquement, c’est très chaud…

Le secrétaire d’Etat responsable de cette compétence s’appelle Sammy Madhi, et il se rend au kern avec plusieurs points à essayer de faire valider, qui, à n’en pas douter vont le placer en porte-à-faux avec les formations politiques de gauche de la coalition…ça risque d’être rock and roll.

Il y a, selon nos informations, plusieurs points sur la table qui sont négociés confidentiellement et que le secrétaire d’Etat aimerait faire passer.

Le masterplan en vue d’augmenter le nombre de places dans les centres fermés, n’est pas à l’ordre du jour, contrairement à ce qui circule : même si l’on sait que cette coalition a dans ses intentions d’augmenter le nombre de places en centres d’accueil fermés, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Plusieurs points délicats sont au menu du jour.

L’un d’entre eux avait déjà suscité énormément de protestations et de remous lors de la législature précédente : il s’agit des fameuses visites domiciliaires, la possibilité de débarquer chez les gens qui "abritent" des demandeurs d’asile et leur offre un toit.

Cette proposition de Theo Francken s’était heurtée à un mur francophone ou la plupart des formations politiques de l’extrême gauche jusqu’au MR avait marqué un désaccord. Sammy Mahdi la remet sur la table dans une version modifiée et la labellise sur "le devoir de coopérer".

Donc , les visites domiciliaires seraient autorisées, mais dans le cadre de la politique d’accompagnement du demandeur d’asile débouté.

Chaque année, la Belgique délivre des milliers d’ordres de quitter le territoire et souvent ceux-ci ne sont pas suivis : Sammy Mahdi pense que les visites domiciliaires sont un instrument permettant de mieux raccompagner les demandeurs d’asile débouté.

Mahdi met dans sa proposition des précautions : la visite domiciliaire ne pourra intervenir que dans des cas particuliers, à la fin de la procédure et après plusieurs tentatives de conciliation avec le demandeur d’asile ou celui qui est suspecté de l’héberger.

Ensuite, un juge devra autoriser cette visite domiciliaire pour qu’elle ait lieu. Le juge diligentera une enquête avant de donner son autorisation alors que dans la version précédente, le juge se contentait de parapher. On peut donc dire que le cadre juridique est mieux sécurisé.

Mais ça reste très difficile à avaler notamment pour les socialistes et les écologistes notamment. Mais Mahdi est rusé puisqu’il leur donne une de leurs vieilles revendications en échange: l’interdiction d’enfermer des mineurs demandeurs d’asile. Ce point sera inscrit dans la loi et bétonné. C’est un donnant-donnant en quelque sorte entre l’aile droite et l’aile gauche de la coalition.

Un dernier point doit d’ailleurs être abordé ce matin en lien avec l’asile et la migration : de nombreux demandeurs déboutés refusent de se soumettre à un test PCR covid, or leur pays d’origine exige ce test pour qu’ils puissent revenir.

Voilà donc la Belgique dans l’impasse, car légalement. elle ne peut pas contraindre aux tests PCR. La loi va donc être adaptée en ce sens pour permettre de contraindre les personnes déboutées de l’asile à subir un test anti-covid avant de rentrer chez elle.

À voir si les partis de gauche de la Vivaldi vont laisser passer... 

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