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"7.800 euros? Adjugé, vendu": le succès de la première vente aux enchères de cartes Pokémon à Paris

"7.800 euros ? Adjugé, vendu." Plusieurs centaines d'acheteurs amateurs, de collectionneurs et de curieux ont assisté jeudi à la première vente aux enchères exclusivement consacrée aux cartes Pokémon sur le territoire français.

À Drouot, dans le 9e arrondissement de Paris, la vedette de la salle est une carte Dracaufeu, quasi-neuve et de première édition (1999), soigneusement rangée dans son étui de plexiglas, estimée entre 10.000 et 12.000 euros. Avec un départ de vente à 6.000 euros, elle trouve finalement preneur pour 1.800 de plus.

"Comme quoi, tout se vend !", lâche Jacek Osinsk, acheteur et vendeur d'objets anciens. Ce sexagénaire fait partie des nombreux antiquaires de ce quartier qui font la moue devant les 125 lots de cartes Pokémon présents sur place.

"Pour cette génération plus ancienne, c'est un mystère", observe Florian Bourguet, l'organisateur de la vente, expert en bandes dessinées et albums de culture populaire. "Ils ne comprennent pas comment on peut mettre 10.000 euros dans une carte Pokémon quand on n'arrive pas à vendre des fauteuils du XVIIIe siècle à 100 euros." 

Pourtant, collectionner des cartes revient à collectionner des timbres ou des pièces de monnaie pour l'expert. "Et l'avantage des Pokémon, c'est que ça touche un public entre 25 et 35 ans, ça nous change de la clientèle habituelle des ventes aux enchères, c'est un public qu'on va accompagner longtemps".

 

Un "trésor"

Vingt-cinq ans après leur apparition, la saga Pokémon ("pocket monsters", monstres de poche) créé par le géant japonais Nintendo continue à séduire petits et grands. Le succès de la licence  - l'une des plus rentables au monde - qui se décline en jeux vidéo et dessins animés mettant en scène les adorables monstres, dont le célèbre Pikachu, ne montre aucun signe de fatigue.

Ce qui est recherché : l'état et l'édition. Plus la carte est neuve et originale, plus les prix sont vertigineux. Le 22 février dernier, une carte Dracaufeu a été vendue 509.969 dollars aux États-Unis, soit 418.000 euros. Un record.

Plus tard dans la journée, c'est au tour de parents intrigués et d'enfants passionnés d'entrer dans la salle, ayant repéré de loin ses posters Pikachu sur les vitres.

"C'est très excitant, je baigne dans l'univers Pokémon depuis que je suis tout petit", s'émerveille Gabriel Levy, lycéen de 14 ans et heureux propriétaire d'un Florizarre de première édition, sa carte la plus précieuse. À côté de lui, son oncle Lionel s'étrangle : "Pardon ? Vous rigolez j'espère ?", dit-il à l'annonce du prix d'estimation de la carte maîtresse de la vente. 

"Je trouve ça dément. Une fois, je lui ai ramené un paquet que j'avais payé 10 euros au marché aux puces, et pour lui, c'était un trésor. C'est très curieux", admet-il.

"Personnellement, je n'étais pas dans l'optique de collectionner mais je me suis prêté au jeu en ayant acheté quelques cartes pour mon fils", confie Johnny de Susa, infirmier libéral de 41 ans participant à la vente en ligne. Aujourd'hui vrai collectionneur, il s'étonne des prix de plus en plus élevés. "Les cartes sont vraiment considérées comme des œuvres d'art", déplore-t-il.

"J'en ai plein dans mon placard, je vais les ressortir de ce pas", s'exclame Emie Vellut, étudiante de 24 ans à Paris, entrée par hasard dans la salle. "Je ne m'attendais pas à ça quand je suis entrée, surtout à Drouot, j'imaginais de la joaillerie, de l'horlogerie et de l'art, mais pas une horde de Pokémon !"

Et encore moins à ce que la vente organisée par la maison Vermont & Associés rapporte autant: près de 35.000 euros adjugés, 44.000 euros frais inclus. 

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